‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 68 sur 300 · ETAT POLITIQUE · texte numérisé non relu

ETAT POLITIQUE

Avant la conquête de lTIlyrie par les Romains , les nombreuses tribus qui composaient cette contrée obéissaient à des chefs dont l’autorité ressemblait à celle des chefs de clan. Leur gouvernement offrait un mélange du régime

L’UNIVERS

patriarcal et du régime guerrier, résultat des invasions fréquentes et des luttes d'établissement à établissement.

Cependant les Illy riens étaient moins incultes que les barbares proprement dits ; ils avaient eu des rapports fréquents avec les Hellènes avant le siècle de Périclès, et avec les Macédoniens antérieurement au règne de Philippe. Les Sarmates , les Celtes et les Getes devaient être parvenus à un certain degré de civilisation lorsqu’au quatrième siècle de notre ère Ulphilas composait pour eux un alphabet et traduisait les textes sacrés.

Sous la domination romaine, l'illvrie eut à supporter tous les maux du système fiscal et oppresseur que les maîtres du monde imposaient aux nations vaincues. Cependant, comme on redoutait l’esprit inquiet et belliqueux de ces peuples , Rome , surtout sous les empereurs, leur accorda quelques prérogatives. Le titre d 'Italiens, que reçurent diverses provinces de la Dalmatie, comportait l’exemption de l’impôt territorial et personuel et quelques prérogatives pour les ventes et autres contrats.

Le /'us munie ipii conférait le droit de bourgeoisie romaine. Les villes honorées de ce privilège conservaient leurs lois et leur administration propres. Celles qui étaient agrégées à la cité romaine jouissaient du droit privé dans

sa plénitude et d'une partie du droit politique. Leurs citoyens pouvaient exercer les magistratures de Rome et servir dans les légions. Ce dernier privilège était largement exploité par les Romains à l’époque où la population libre de l’Italie ne suffisait plus au recrutement des armées.

La condition des peuples vaincus et réduits en provinces n'en était pas moins misérable et précaire. Les nabitants perdaient la propriété de leurs biens fonds, qui étaient vendus ou réunis au domaine de l'Etat ; et ils payaient un tribut, signe de leur dépendance. Privés de leurs magistrats, ifs recevaient de Rome un commandant qui avait sur eux droit de vie et de mort et dont les arrêtes remplaçaient les lois du pays. Toutes les branches de juridiction se trouvaient réunies entre les mains du gouverneurde la province.

Ce système d'absorption était complété par une fiscalité odieuse, dont les différents emplois étaient brigués avec autant d’empressement que les charges les plus honorables. Tandis que ces causes exaspéraient les vaineus et les portaient à la révolte, Rome s'affaiblissait de jour en jour par les exigences de sa corruption, et préparait avec le triomphe des barbares l’avénement de la vie nouvelle et le règne de la parole do Christ.

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