‹ Proyart et Baillescourt. Picardie et ArtoisChapitre 5 sur 13 · VI. - DEUX EPOQUES · texte numérisé non relu

VI. - DEUX EPOQUES

I. — L'origine de Baillescourt se retrouve dans son étymologie même. I^ baile ou baille (1) dans l'ancien français est une enceinte fortifiée, souvent une fortification extérieure précédant le château-fort lui-même. L'enclos ainsi formé est compris entre la première et la deuxième enceinte. Des châteaux-forts importants ont même compris un baile intérieur situé entre le donjon et l'enceinte (2). Quelques châteaux avaient trois bayles (3).

Le mot cors, cortis, est devenu dans le bas latin curtis, avec le sens de cour, cour de ferme, basse-cour, s'est romanisé en cort. puis francisé en court, forme que l'on retrouve fréquente en Artois comme en beaucoup d'autres régions (Est de la France, Normandie, etc.). Basse-cour a pris, parfois, au Moyen- Age le sens de caponnière qui allait d'une poterne à

(1) Le ou la baille substantif masculin ou fem. (Godefroy. Diet. de l'ancienne langue FR).

(2) Léon Gautier : La Chevalerie.

(3) Berty. Dict. d'architecture.

une tour à barbacane (1). Un texte ancien nous donne la description suivante : « contenant le habergement du dit chastel que en court, en courtilz, en boille du dit chastel et cloutures de foussez >> (2).

Viollet-le-Duc nous indique que le baille constituait une avant-cour, cour des ouvrages extérieurs; que les écuries et communs étaient habituellement disposés dans la cour des châteaux-forts du Moyen Age (3).

On rencontre encore dans une des dernières forteresses féodales du Nord de la France, au château d'Olhain, ce dispositif. On accède au château en passant sur deux ponts de pierre; on se trouve d'abord dans la baille ou basse-cour de forme ovale, entourée d'eau elle-même et flanquée de tourelles cylindriques; les granges, étables. écuries et autres dépendances entourent cette basse-cour. On pénètre ensuite dans le château par un pont-levis jeté sur les douves.

Si l'on rapproche maintenant ces données de formes anciennes de l'orthographe du nom, Baillecurt, Baillecort. Baillecourt, il en découle que le Baillescourt primitif a tiré son origine d'un château-fort assis, dès le début du moyen âge. sur les flancs de la rive droite de la rivière d'Ancre dont il commandait la vallée.

Autres formes anciennes :

Ballescort : 1135 (Moreau Ch. d'Eaucourt);

Baillicort, Bailescort : 1171 et 1212 (Cart. du Chap. d"Arr. n°^37et 121);

Bailescourt : 1258 (Cart. des Châpellenies d'Arr. f ° Avo) ;

Baillescourt se rencontre déjà sous cette orthographe en 1203 (cart. de Marœuil f° 102).

II. — Baillescourt, qui appartenait aux Proyart encore au début de ce siècle, a été complètement détruit .au cours de

(1) Le Cte de Loisne, à la suite des travaux de Quicherat d'Arbois de Jubaiaviile et surtout Longnon, y a vu principalement un .synonyme de villa, domaine rural avec ses dépendances.

(2) 1349. Cart. de la D. de Cass.

(3) Viollet le Duc. Œuvres.

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