C. Enlrart. Architecture civile et militaire
la guerre de 1914-18. Pris par les Britanniques les 8 et 9 février 1917, repris par les Allemands en mars 1918, repris par les Britanniques le 15 août 1918, il fut l'objet de violents combats.
Lieu de passage des troupes dans les guerres qui ont frappé l'Artois au cours des siècles, on y voyait encore, dans une situation assez dominante, des redoutes unies par des lignes qui se prolongeaient jusqu'à Miraumont. Elles portaient le nom de <( Lénes » et semblaient remonter entre 1635 et 1640; élevées par les Espagnols pour protéger le bassin de la rivière d'Ancre qui a servi de limite aux possessions de la Maison d'Autriche, du côté de la France (1).
Il n'y a point lieu de retracer ici les vicissitudes qu'ont causé les guerres et les actions des armées, les pillages et les dévastations de la fin du xv^ siècle et du commencement du xvI^ Elles ont déjà été amplement décrites par les historiens de l'Artois. Mais tout comme l'occupation de 1914-18, leur mémoire en est demeurée tenace.
Jusqu'à ces derniers temps, les mères de famille, dans les campagnes, ne menaçaient pas leurs enfants turbulents du loup, mais du Roi. Il s'agissait de Louis XI, dans le souvenir encore persistant, bien qu'atténué, de ses vengeances de 1477.
Le sobriquet de « cosaque » n'était-il pas donné, dans les villages, aux hommes d'allure grossière, dans l'horreur du passage des troupes russes, en 1815. Elles n'avaient cependant pas séjourné longtemps dans le pays, ayant été rapidement remplacées par des Prussiens, puis par des Anglais dont l'occupation cessa en fin de 1818.
Le vieux Baillescourt des anciens temps, dont il ne devait subsister, en 1917, que des ruines, comme il a été dit plus haut, n'avait pas eu à souffrir de l'invasion de 1870-71. La marche des troupes, qui devaient livrer bataille à Bapaume les 2 et 3 janvier 1871, l'effleura à peine, malgré un accident tragique qui amena la mort d'un civil français, celui-ci ayant traversé témérairement une ligne d'avant-postes d'infanterie prussienne, dans la vallée. Un journal militaire allemand <( Der Schutzengraben » en a relaté l'épisode et rappelé la résidence dans le pays de celui qu'il nomme « Der Herr von Proyart ».
(1) Mémorial d'Harbaville.