‹ Prud'honChapitre 120 sur 148 · L’ASSOMPTION DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

L’ASSOMPTION DE LA VIERGE

son bras qui soutient la V^ierge est exécuté de main de maître, et il serait facile de relever d’autres détails excellents. Cependant il me paraît incontestable que, dans ce tableau, Prud’bon est resté audessous do lui-mémc. L’ensemble manque de grandeur et, sous le rapport du style, laisse beaucoup à désirer. Les ligures sont vides; ta draperie bleue, d’un ton déplaisant, a beaucoup trop d’importance; les pieds de.s anges et ceux de la Vierge sont de l’effet le plus désagréable; l’e.xécution est flasque, sans vigueur, sans accent. En somme, il ne faut pas se le dissimuler, Prud’hon a fait là une excursion malheureuse hors de son terrain naturel, et ce tableau, qui a, du reste, beaucoup souffert, est au nombre de ses moins heureuses productions. Prud’hon ne comprenait pas ce genre de sujets. Le sentiment mystique lui fait absolument défaut. Voyez sa tète de Vierge : elle est jolie, mais c’est la tendres.se, la grâce, bien plus que l’expression religieuse, qui dominent, et s’il a réussi dans ses deux admirables compositions du Christ ]x>iiant sa croix pour l’imitation de Jésus-Christ et du Christ sur la croix, du musée du Louvre, c’est parce qu’il les a empreintes du caractère pathétique, dramatique, qu’il entendait admirablement.

Cependant il serait injuste de reprocher trop dure-

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