Î6 UNE FAMILLE MALHEUREUSE
nade sur le boulevard cxléricur ‘ . Lorsque le temps était mauvais, il restait au logis et passait de longues heures à caresser un gros chat qu’il avait pris en alTection, et qui s’établissait sur ses genoux.
Le premier soin de Prud’hon fut de terminer une Famille malheureuse* , tableau que M"' Mayer avait ébauché et auquel elle travaillait au moment de sa mort. Un pareil sujet convenait à la disposition de son esprit, et il voulait consacrer le prix de cet ouvrage au tombeau qu’il comptait élever à son amie. On connaît cette émouvante composition. La scène se passe dans une misérable mansarde : le père de famille mourant est assis près du lit, la tête appuyée
1. M. (le Boisfremont dameurail rue du Rocher, 34. — Pour la forme, Prud'hon lui payail une pension do 1,500 francs.
2. Vue Famille malheureuse a appartenu d’abord à M. Odiot, puis à la duchesse de Berry. Retirée à sa vente au pria do 15,000 fr., elle a été achetée plus tard par M. de Lariboisière. Prud'hon avait grand souci de ce tableau. Il tenait à ce qu’il appartint à une personne qui saurait l’apprécier. M"“ Belloc me raconte à ce propos l'anecdote suitantc ; M. Belloc, grand admirateur et ami de Prud'hon, se rencontra à l’exposition avec le duc de Fitz-James, amateur fort riche, et lui fit remarquer ime Famille malheureuse. Le duc témoigna le désir d'acquérir ce tableau n'importe à quel prix et chargea M. Belloc d’en offrir au peintre 15,000, 50,000 fr., enfin la somme qu'il voudrait. Aussitôt, M. Belloc, im(>alient de lui donncrcelte bonne nouvelle, se rend chez Prud'hon. « Eh bien, lui dit-il, votre tableau est vendu, mon cher