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dans l’autre composition, un cliien, surveillant discret, est endormi au premier plan. Enfin Prud'hon a traité un quatrième sujet pour celte publication. Était-ce un simple projet auquel il aura renoncé, ou Didot prcféra-t-il h l’œuvre de Prud’hon quelque beau de.ssin classique de Gérard? Quoi qu’il en soit, cette composition devait accompagner ce passage de Longus : « .Mais pour lors ils folâtraient comme des jeunes levrauts; ils sautaient, ils flùtaient, ils chantaient, ils luttaient bras à bras l’un contre l’autre, ii l’envi de leurs béliers et bouquins. « Les deux jeunes gens, les têtes rapprochées, les mains enlacées, les bras du côté du spectateur repliés à la hauteur de la poitrine, ceux de l’autre côté relevés, luttent et essayent leurs forces. Daphnis recule et se laisse vaincre par la petite Chloé
n’est pas sans un sentiment de regret et presque de honte que l’on voit Prud’hon abaisser son talent à illustrer le poème graveleux, maniéré, fade, insupportable de Gentil-Bernard*. Hélas! il n’était pas libre de choisir, et la dure nécessité le forçait à accepter l’ouvrage qu’on lui oITrait, quel qu’if fût.'
I. Le de.ssin, qui appartient à M. Dis de La Salle, a été lithographié en fac-similé par M. Georges Belicnger.
S. Œuvres de P. -J. Bernard. Paris, imprimerie de Didot l'aine, IT!'7. t vol. in-4.
CHOISIR L’OBJRT.
Prud’hon a pris pour texte de scs trois compositions pour l'An d’aimer ces mauvais vers du protdgé de M"" de Pumpadour :
Quand un rayon, celle vive élincclle,
Perce au Iravers du soin qui la recèle.
Voici les lois qu'un amanl peul ou'Ir :
Choisir V objet, l’enflammer, en jouir.
La planche intitulée Choisir l'objet est l’une des plus faibles de l’œuvre de Prud’hon. Une femme, debout et presque nue, présente ti un jeune homme assis à la droite delà composition toute une collection de cœurs — chrétiens , profanes , blessés, — qu’elle tient dans un pli de la draperie qui lui enveloppe les jambes. Un Amour placé entre les deux figures engage l’amoureux à faire son choix; celui-ci, penché vers cette exhibition repoussante, regarde et hésite ; deux pigeons se bccquètent à terre au premier plan. Je ne trouve à louer dans cet ouvrage que les draperies du jeune homme, qui sont d’une rare élégance, et le paysage. Quant aux reste, il est inu-
Les dessins pour les trois gravures de l’Art d^ai/iter furent eiposi'S au Salon do 1*90. — D'après Bruun-\oergaard, ils furent vendus par Didot à un amateur russe. — M. E, Marcillo possède lies répétitions originales, ou plus exactement des premières pensées de ces trois dessins.
Î4i L’ENFLAMMER.
tile de s’y arrêter. La poitrine de la femme ne se comprend pas ; le galbe de sa hanche et de sa cuisse est disgracieux; la pose du jeune homme est celle d’un vieillard ; les pieds des deux figures manquent de vérité et de distinction. L’Amour lui-même est tout il fait manqué.
Mais Prud’hon ne tarda pas ii prendre sa revanche. La composition qui porte pour titre L'enflammer est empreinte d’une exquise poésie. Un jeune homme, as,sis au premier plan d’un joli paysage, tient dans ses deux mains celles d’une belle fille debout devant lui, et à laquelle un Amour mutin se prépare à lancer une flèche , tandis que deux autres Amours placés à gauche regardent en riant un coeur enflammé. La figure de l’amant est ravissante. Il a les yeux fixés sur ceux de la jeune fille, dont la pose est pleine de grâce, d’élégance, et qui baisse pudiquement la tête sous ses regards embrasés. L’ensemble respire une ivresse contenue et décente : c’est l’amour à son aurore et dans sa première fleur.
La troisième estampe En jouir est l’une des plus belles œuvres de Prud’hon. La jeune fille s’est laissé convaincre par les doux propos de son amant. Ils sont assis l'un près de l’autre, sur le bord du lit , dans un appariement à peine éclairé par la flamme