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PORTRAIT DE JOSÉPHINE

clierchait les moyens de se faire connaître. Les louanges et l’admiration de son élève le trouvèrent sensible ; dès lors, son talent prit un nouvel essor et son génie produisit ces grands tableaux qui illustrent autant l’École française que leur auteur*. »

Ce redoublement d’activité mit pourtant quelques années à se produire. Prud’hon avait envoyé, au Salon de 1802, un Tableau de famille (ainsi s’exprime le livret), dont nous n’avons pu retrouver la trace, et il ne reparut qu’à l’exposition de 1808. Il sommeillait dans son bonheur. Les travaux qu’il fit dans cet intervalle ont peu d’importance, et nous nous bornerons à les signaler brièvement.

Quoique Bonaparte, on ne sait pour quelle raison, n’eût pas fait exécuter cette belle composition de la Paix dont nous avons parlé, il n’avait pourtant pas oublié Prud’lion. C’est à lui qu’il commanda le portrait de Joséphine qui appartient à l’ex-empereur Napoléon III. Joséphine est représentée assise sur un banc rustique au milieu d’un bosquet de la .Malmaison. Rêveuse, accoudée au rocher du bras gauche qui soutient la tète, l’autre bras pendant négligemment sur le corps, vêtue d’une longue robe blanche ajustée avec le goût le plus délicat, elle paraît déjà pressen-

t. Voïart, iVolice, etc., p. 19.

tir ses malheurs. La figure est un peu perdue dans ce grand paysage, l’exécution manque de force et de relief, mais la pose est d’une grâce parfaite et d’une extrême distinction*. 11 existe aussi plusieurs projets pour des portraits des sœurs de Napoléon. Enfin tout prouve que, sans avoir de titre officiel , Prud’hon étail le peintre préféré. Il fit à la môme époque, en 1805 et on 1807, deux décorations de circonstance, l’une pour le sacre de Napoléon, l’autre pour les fêtes que la Ville ordonna à l’occasion de la paix de Tilsitt, dont nous possédons les programmes écrits de sa main.

« Mon ami, — Les quatre figures, deux Minerve et deux Mercure représentant les Sciences, les .\rts, l'Industrie et le Commerce, sont commandées dans les proportions de 34 ou 36 pouces. Il est encore temps de choisir l’une ou l’autre mesure. Veuillez me dire celle qui vous convient positivement. On s’occupe avec activité de celles en peinture et des emblèmes peints de bronze. Le transparent se fera de suite, et le tout sera prêt au moment où on voudra les placer.

I. Ccl ouvrage a élé gravé par Rlanchard fiU. — M. de Boisfremont Sis possédai! plusieurs dessins et croquis pour ce portrait ainsi que pour celui de la reine llortense.

— Je salue affectueusement il vno buon padrone; sono il servo suo.

« Pbud’iion p'". »

« Ce 11 brumaire an XIII’.

« Note d’un transparent exécuté pour rhôtel de ville de Paris, département de la Seine.

« Le cliiffre Napoléon, resplendissant de lumière, s’arrête au signe de la V’ierge ; il est précédé de la Victoire au signe du Lion, et de la Paix dans celui de la Balance, avec cette inscription :

« Jam redit et virgo, redeunt saturnia régna.

n Transparent de dix pieds de haut sur neuf de large ; figures de huit pieds et demi de proportion, peintes sur une toile préparée à l’encaustique.

« Invention, dessin, exécution. . . . 1000 fr.

O Prud’hon, peintre, à la Sorbonne*. »

Cependant des ouvrages plus importants et plus dignes de son talent préoccupaient Prud’hon. Nous

I. « A monsieur, monsieur Holinos, architecte du département de la Seine, rue Saint-Florentin, vis-à-vis l'égout, à Paris. » — Cette lettre a été donnée par M. Marcille à M. Ocbier.

i. Cette pièce dont l'original appartient à M. Chasles porte en tête écrit à l'encre rouge : « N' 19. Arrêté du 16 août 1807. » — Nous n'avons pu retrouver aucune trace du premier de ces ou-

.savons d’une manière préci.se que les premiers projets pour la Justice et ta Vengeance divines poursuivant le Crime, (pii ne fut expo.sé qu’en 1808, datent de 1804. Ce sujet s’était emparé de lui. Il le tourne et le retourne dans tous les sens avant d’en venir au motif qu’il adopte finalement, et il est du plus grand intérêt de suivre, au moyen des pièces qui nous ont été con-servées, les transformations et les hésitations de sa pemsée. C’e.st dans un dîner chez Frochot, préfet de la Seine, (pii était resté en très-intimes relations avec Prud’hon, que lui vint la première idée de celte composition. On parlait d’un tableau destiné à la .salle des assises du Palais-dc-Justice que la ville de Paris avait l’intention de faire e.xécuter. On cherchait un sujet, et chacun disait son mot. Le préfet propo.sa ce vers d’Horace :

Raro anloceclenlem scelc:»tum

OiLseruit puma...

L’imagination de Prud’hon s’enflamme aussitôt. Il se lève de table, court s’enfermer dans le cabinet de M. Frochot, prend une plume et trace à grands traits un croquis qui enthousiasme tout le monde.

vragef. (luant au second, il existe un dessin qui a été vendu en 1869 et une osqui.sse qui a fait partie de la collection de .M. Marcille [)èrc et appartient aujourd'hui au musée de la ville do Paris, h l'hôtel Carnavalet.

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