LA JUSTICE ET LA VENGEANCE DIVINE
Salon de 1808, avec un autre tableau également admirable et d’un genre bien différent, l’Enlèvement (le Psjiché par Zèphyre.
Du reste, il paraît impossible qu’un ouvrage aussi considérable, qui renferme quatre figures de grandeur naturelle, étudiées avec un soin, une précision, une sévérité qui n’étaient pas dans les habitudes de Prud’hon, ait été exécuté dans l’espace de dix mois. Lorsque Prud’hon envoya son programme au préfet de la Seine, le plan du tableau n’était pas encore parfaitement arrêté; car il avait alors l’intention de représenter le criminel s’emparant de l’or de ta victime et s’assurant qu’elle avait cessé de vivre. Dans une petite esquisse pleine de verve et d’une grande vigueur d’exécution, que possède M. Moignon, sa pensée hésite encore. Ce sont bien les figures du tableau, mais elles sont perdues dans un champ beaucoup trop vaste, ün voit à gauche un arbre battu par le vent, qui a disparu dans la composition définitive. C’est dans le ciel vaste et superbe, dans l’effet tragique de l’ensemble, dans l’aspect désolé du paysage que réside l’intérêt. .\vec son instinct pittoresque si sûr, Prud’hon a compris qu’il fallait donner plus d’unité à la scène, la concentrer, sacrifier le fond de manière à faire dominer les personnages et à leur rendre la place absolument prédominante
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