MINERVE EMPOKTANT LE (.ÉNIE DES ARTS VERS 1. 1 M M U K 1 A 1 1 I L
(Dessin, CollocUon Deutsch de la Meurthc.)
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TAme détachée de la terre. Mais ce qui le retient surlout en ces années-ci, c'est toute cette suite de portraits pt'nétrés et pénétrants oii il montre qu'il n'est pas seulement l'imag-inatif de grâce, trop disposé, dit-on, à peindre de pratique, selon le terme d'alors, mais (juCn luttant avec la nature il sait arracher sa vérité et faire jaillir sa r('alité profonde : portraits de Bruun-Neerg-aai'd, qui, si détérioré, est au palais de Yei-saillcs, de Mme Navier, de Mme Jarre, du baron Dcnon en mendire de l'Institut, ces deux derniei's au Louvre, du médecin Dagoumer qui soigna la maladie nerveuse de Mlle Mayer, du fds du maréchal Gouvion Saint-Cyr, de Mme Péan de Saint-Gilles, et celui de sa lille, Mme Antoine Passy, la mère de M. Louis Passy, alors bellefdle de Frochot par son premier mariage, le dernier (ju'il ait peint, en lui donnant, avec un charme infini, la tristesse dont il mourait. Faut-il parler ici du poi'Irait de ce jeune homme en hal)it hriin du Louvre, tout imprégné de vie en son allure haulaine, que les critiques savants refusent de plus en plus d'attribuer à Prudhon, parce qu'il n'est pas dans sa manière habituelle? Si la transparence humide de ce morceau d'une rare maîtrise n'est pas dans les procédés coutumiers du peintre, et que sa suavit»' calme soit dans les habitudes d'âme de l'artiste, ne doit-on pas accepter qu'un Prud'hon vieillissant puisse être curieux d'une façon nouvelle de s'exprimer, qu'il serait intéressant de rechercher d'ailleurs dans le languide et beau portrait de Mme Passy? Espérons que bienint (jutdqu'un répondra.
Cependant un tableau d'autel lui a élt' iemandé pour la
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chapelle des Tuileries, et Prufllion a composé l'esquisse, qu'on voit au musée Wallace, et qui fut gravée par le vieux Debucourt, de VAsso?nption de la Vierge emportée par deux archanges aux cieux, tandis qu'une ronde d'anges tournoie au-dessous d'elle ; mais la grande auniônerie ne trouve pas la ronde assez angélique, et le maître, gêné par ces restrictions, ^&iiï\.V Assomption, qui de la chapelle des Tuileries passera au Louvre après la révolution de 1848 et qu'il exposa au Salon de 1819, avecles cinq anges élevant la Vierge au ciel. La situation de Prud'hon est devenue alors si considérable et son charme si indiscuté que. dans un livre dont le titre seul est une profession de foi : « Lettres à David sur le Salon de 1819 par quelques élèves de son École », — notes qui furent écrites par Henri de Latouche et Emile Deschamps, — on lit: « ... 11 vient d'exposer un tableau de V Assomption de la Vierge. Il a développé dans ce sujet usé tous les attraits de la jeunesse et de la nouveauté.» Et après de longs éloges : « Nous croyons que cette production n'est pas exempte de défauts; mais, nous l'avouons, séduits par son eifet, nous ne nous sentons pas le courage de les rechercher. » Et cette phrase caractéristique, qu'on traiterait aujourd'hui de phrase d'avant-garde : « Les vêtements des anges sont allégés par la vapeur de l'air. »
A ce même Salon de 1819, Mlle Mayer avait envoyé le Rêve du bonheur, dont M. Henri Rouart possède une ■esquisse, assurément de la main de Prud'hon, exquise, diaphane et nacrée, et dont une autre se trouve au musée ■de Lille. Rêve qui s'enfuit ! Constance Mayer, de plus en
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