‹ Prud'honChapitre 105 sur 201 · LE BAIN · texte numérisé non relu

LE BAIN

ABROCOME E ANZIA.

Quant au roman de Xénophon, c’est la composition de Prud’hon qui m’a engagé à le lire, et il mériterait d’être plus connu. Abrocome a vu la jeune Anzia dans une fête de Diane; il s’en éprend et l’épouse. Les deux amants partent pour un voyage; ils sont séparés par je ne sais quel accident. Jeunes et beaux l’un et l’autre, ils sont exposés à mille pièges que l’amour leur fait éviter. Leur constance est récompensée, car ils finissent par se retrouver. Dans la vignette que Prud’hon a mise en tête de cette jolie histoire, Anzia, tombée entre les mains d’une bande de brigands, va être sacrifiée au dieu Mars. Déjà elle est liée à l’arbre près de la statue, et les barbares se préparent à la percer de leurs flèches, quand un Sicilien, puissant et bienfaisant, survient à la tête de ses gens et la délivre. Cette planche est un peu compliquée et confuse, mais le haut du corps de la jeune femme est du galbe le plus élégant et du dessin le plus distingué1.

Prud’hon fit encore plusieurs dessins pour illustrations de livres que je réunis pour n’avoir pas à revenir à ce genre de sujets. Je ne m’arrêterai pas longtemps au portrait de Rousseau et aux cinq vignettes

1. Le dessin pour cette gravure appartient à M. Eudoxe Marcille.

Page 1