PORTRAIT DE JOSÉPHINE
cherchait les moyens de se faire connaître. Les louanges et l’admiration de son élève le trouvèrent sensible ; dès lors, son talent prit un nouvel essor et son génie produisit ces grands tableaux qui illustrent autant l’École française que leur auteur1. »
Ce redoublement d’activité mit pourtant quelques années à se produire. Prud’hon avait envoyé, au Salon de 4802, un Tableau de famille (ainsi s’exprime le livret), dont nous n’avons pu retrouver la trace, et il ne reparut qu’à l’exposition de 1808. Il sommeillait dans son bonheur. Les travaux qu’il fit dans cet intervalle ont peu d’importance, et nous nous bornerons à les signaler brièvement.
Quoique Bonaparte, on ne sait pour quelle raison, n’eût pas fait exécuter cette belle composition de la Paix dont nous avons parlé, il n’avait pourtant pas oublié Prud’hon. C’est à lui qu’il commanda le portrait de Joséphine qui appartient à l’ex-empereur Napoléon III. Joséphine est représentée assise sur un banc rustique au milieu d’un bosquet de la Mal maison. Rêveuse, accoudée au rocher du bras gauche qui soutient la tète, l’autre bras pendant négligemment sur le corps, vêtue d’une longue robe blanche ajustée avec le goût le plus délicat, elle paraît déjà pressen-