Il résulte de la lettre suivante qu’on avait commandé un
C’est probablement aussi vers la fin de sa carrière que Prud’hon fit, pour la salle de distribution des prix à la Sorbonne, le projet d’une autre vaste composition allégorique, V Immortalité, que nous ne connaissons que par le magnifique dessin du marquis Maison, qui appartient aujourd’hui à M. le duc
tableau à Prud’hon en échange du plafond dont il avait abandonné l’exécution à Mevnier. I! est également fait mention dans celte lettre d’un de ces plafonds du Louvre qu’on avait demandés au peintre en même temps que ceux des salles du Laocoon et de Diane et dont parle Bruun-Neergaard :
« Paris, ce 23 mars 1819.
« Monsieur le Comte,
« D après la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire pour l’échange du plafond du Louvre contre un tableau à faire pour la galerie du Luxembourg, il ne me serait jamais venu en pensée que le prix de ce dernier fixé à douze mille francs fût une erreur comme me l’a annoncé depuis Mme de Senonne. Je n’ignorais pas qu il s agissait de dix mille francs pour le prix du plafond, mais vous-même, Monsieur le Comte, l’aviez trouvé modique, et m’aviez laissé espérer qu’il y serait ajouté deux mille francs, soit à raison de 1 étendue de l emplacement à peindre qu’on avait mal calculé, soit aussi pour ne pas confondre des talents depuis longtems en évidence avec ceux qui ne font que s’annoncer, ou commencent à paraître. L’administration de la Maison du Roi, en portant le prix du tableau échangé avec le plafond à douze mille francs, me semblait donc avoir eu le sentiment de ces raisons et en avoir apprécié la justesse, sinon elle paraissait avoir voulu du moins mettre une compensation à la privation de l’entreprise qu’elle me retirait, et à la perte absolue pour moi du travail préparatoire en études,
d’Aumale, et par celui qui faisait partie de la collection de M. de Boisfremont fils1.
Sur le devant, Minerve soulève le voile qui couvre la Nature appuyée sur le Sphinx; à gauche est l’As-
dessins, esquisses peintes qu’il m’avait fallu faire pour son exécution. Je suis loin de supposer qu’elle ne m’en tiendra pas compte, une intention aussi peu généreuse n’est pas faite pour elle, aussi me permettrai-je d’ajouter que, lors de la distribution des tableaux pour la salle de Diane aux Tuileries, il y a eu un dessin de lait pour le projet de celui dont on m’avait chargé, que j’ai même eu l’honneur de le soumettre à M. le comte de Pradel, et dont il n a plus été question depuis; le tableau cependant n’a point eu lieu pour moi, le temps employé au dessin a été oublié, et tout s’est réduit à un échange de tableau d’égale valeur.
« Toutes ces considérations pesées, j’ai cru, Monsieur le Comte, ne voir qu’une justice dans le prix de douze mille francs mis au tableau qui remplace le plafond; j’ai trouvé dans le procédé qui me laisse maître du sujet à traiter une marque d’estime que je n’oublierai jamais et à la hauteur de la quelle je m’efforcerai toujours de me maintenir.
« Veuillez, Monsieur le comte, agréer l’hommage de la plus parfaite considération et celui de mon entier dévouement.
« p RU I)’ Il on plre *. »
I . Dans le catalogue de vente de cet amateur ce dessin rehaussé au lavis porte le titre de l 'École française. — 11 a été acquis par M. Paul Périer. — Ces deux dessins ne furent probablement exécutés qu’en 1822, lorsqu’on rendit aux études 1 antique monument que Napoléon avait transformé en palais des beaux-arts.
* L’original de cette lettre appartient à M. Laperlier.