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LA VIERGE

Prud’hon avait encore exposé au Salon de 1810 une Vierge qui ne me paraît pas être une de ses plus heureuses inspirations1. C’est une gracieuse jeune fille, représentée à mi-corps, les mains croisées sur la poitrine. Ses longs cheveux dénoués tombent sur le col et encadrent sa tête penchée, souriante, jolie, un peu maniérée, et qui n’a certainement rien du caractère de grandeur, de sainteté, de suprême chasteté que les peintres religieux ont donné à Marie. Cet ouvrage fut pourtant remarqué, et je trouve dans le Salon de 1810 de M. Guizot une appréciation qui ne manque pas de justesse : « Cette dernière, dit-il, est d’une grâce très-séduisante;

1 expression en est douce, timide, pleine de jeunesse et de pureté ; la couleur en est brillante, peut-être trop ; il y a beaucoup d’art et un peu de manière dans cette extrême suavité de pinceau, qui dégénère si facilement en mollesse ; à force de fondre les contours, de ne rien arrêter, de ne présenter à l’œil que des formes indéterminées, on tombe dans un vague, une incertitude, qui mènent à l’incorrection ; et quant au coloris, son éclat, quand il n’est pas

1. Ce tableau a appartenu à la duchesse de Montebello. C’est la veuve de l’un des fils de la maréchale, Mme Alfred de Montebello, qui le possède aujourd’hui. — Il a été lithographié par M'ne D umera y et par Aubry- Lecomte.

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