‹ Prud'honChapitre 166 sur 201 · VÉNUS, L'AMOUR LT L’ H YM É NÉE · texte numérisé non relu

VÉNUS, L'AMOUR LT L’ H YM É NÉE

d hon, antiques par le sujet ainsi que par la simplicité et pai I ampleur, mais profondément modernes par l’interprétation et qui me paraissent appartenir aussi à ce moment de pleine maturité, méritent d’être signalés. L’un, Vénus* l'Amour et ïlîyménée, dont on possède un magnifique dessin et une peinture en grisaille1, semble être la traduction plastique de quelques beaux vers d’André Chénier. Mais le peintre n’avait pas besoin du poète. C’est bien dans sa fertile et délicate imagination qu’il puisait ces motifs d une beauté si étrange, si touchante, si exquise. Vénus est assise sur un lit antique, le corps de profil, la tête presque de face. Un bel adolescent, qui figure l’Hyménée debout derrière elle, élève d’une main le flambeau et réveille de l’autre l’Amour, accoudé et endormi sur les genoux de la déesse. Je renonce à dire ce qu’il y a de volupté délicate et pudique dans ce corps aux formes superbes, de tendresse, de séduction dans l’expression enivrée de la tête. 11 y a des tableaux qui n’inspirent que de l’admiration, il y en a d’autres qui préoccupent, qui captivent, qui font longtemps rêver, et celui-ci est du nombre.

La seconde composition, Vénus au bain , est d'un

I. Le dessin appartient à M. Eudoxe Marcille, la peinture à 31. Cotlinef.

Page 1