‹ Prud'honChapitre 167 sur 201 · VÉNUS AU BAIN · texte numérisé non relu

VÉNUS AU BAIN

caractère moins grandiose. C’est la grâce qui y domine. La jeune fille qui a usurpé le nom de la déesse, le bras droit appuyé à la roche sur laquelle elle est assise, retenant de l’autre main par un mouvement de la plus charmante invention les Ilots de sa lourde chevelure, le corps ainsi penché de côté et en avant, s’apprête à descendre dans la source pure. A droite, au second plan, trois Amours vieilnent de cueillir un gros bouquet de fleurs qu’ils regardent. A gauche, sur le devant, deux autres enfants se penchent sur l’eau, où ils vont entrer avec' Vénus. La lumière, venant de haut, effleure toutes ces figures selon le procédé généralement employé par Prud’hon et les éclaire de la manière la plus capricieuse et la plus inattendue. Ce joli tableau n’est pas entièrement terminé , mais il a tant de charme et d’agrément qu’il mérite d’être cité parmi les compositions remarquables de Prud’hon1.

1. Cet ouvrage qui faisait partie de la collection du comte de Mornv appartient aujourd'hui à M. Dalloz. Il a été lithographié par Boilly et gravé par Flameng pour la Gazette des Beaux-Arts , 1er mai 1863, sous le titre de Y Innocence. Il est généralement connu sous le nom, tout à fait impropre à mon sens, de Vénus au bain. Il me paraîtrait plus naturel de l’appeler simplement : Nymphe ou Jeune fille au bain. — M. Mahérault possède un charmant dessin, variante intéressante de cette composition. La jeune fille est debout, la main droite appu\éeau rocher, la gauche repliée sur la poitrine et retenant la draperie.

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