PORTRAIT DE MADAME JARRE, ETC
A ce même salon de 1822, Prud’hon avait exposé les portraits de Mmes Jarre, Navier, Péan de Saint- Gilles, et celui du jeune fils du maréchal Gouvion- Saint-Cyr, jouant avec un chien, dont il a fait une jolie lithographie. Ces ouvrages, qui sont au nombre des plus parfaits qu’il ait produits dans ce genre, lui valurent un véritable succès, et il fut très-sensible à cette approbation tardive, mais presque unanime du public. « Un jour, m’écrit M. Berger, h un de ses élèves, je lui portai une ébauche de portrait ; il me donna des conseils, mit du gros blanc et traça sur ma toile ce qu’il voulait m’exprimer ; puis il me dit : Je vais vous montrer comment on doit faire l’ébauche d’un portrait.
d’une exquise douceur. Il avait une modestie grande et vraie; i! ignorait ce qu'il valait, il avait peur de déplaire. Il ne savait pas dans quel ravissement on était devant ses ouvrages.
« Cet homme si simple et de si peu d’apparence avait de la fermeté dans l’àme, de l’élévation. Il avait de l’énergie dans le pinceau et ses croquis pour les fêtes patriotiques étaient pleins de feu.
« J'ai vu de ses premiers jets, de ses esquisses, de ses cartons <pii avaient plus de vigueur que ceux de David.
« Il joignait la force à la grâce. Vivant, les envieux ou les niais le mettaient au dernier rang des maîtres de l’École; mais depuis sa mort on lui a rendu la place qui lui était due, c’est-à-dire la première. 11 marche en tête de tous nos peintres modernes. » (François Grille, Mielles littéraires , biographiques et morales. — Paris. Ledoven, 1853, 3 vol. in-12, III, p. 338, art. Prud’mon.)