PORTRAIT DE MADAME JARRE, ETC
a II m’apporta deux portraits de femmes ébauchés. Ils étaient bien posés, déjà parfaitement modelés, grassement faits en teinte grisâtre, mais transparente. C’était déjà très-gracieux.
a Quelque temps après, j’allai le trouver. Il me
dit ; — Etes-vous allé au Salon? — Non, Monsieur. — Allez-y donc. J’y allai aussitôt. Je vis ces deux portraits terminés. Ils étaient placés à hauteur d’appui à l’angle coupé du grand salon où est aujourd’hui Y Antiope du Corrége. Ils étaient admirables de faire, de fraîcheur et de grâce. On se pressait en foule pour les voir : quatre rangs de personnes en défendaient l’approche. L’un de ces portraits était une brune avec robe blanche un peu décolletée et rayée de petites bandes d’or. Il est aujourd’hui au Musée sous la désignation de : J/me Jarre , mais il a beaucoup changé, surtout dans les ombres. L’autre était une blonde, ravissante de beauté1. Elle était vêtue aussi d’une robe blanche décolletée, mais mouchetée d’or. Bien que ces portraits ne fussent que des bustes avec fonds unis et sans accessoires, on ne pouvait se lasser de les admirer, tant ils étaient pleins de vie et de grâce. Je fus immédiatement chez M. Prud’hon raconter mon impression et celle du public; il parut fort content. »