UNE LECTURE
Pendant les derniers mois de sa vie, Prud’hon reprit quelques-uns de ces sujets gracieux qui lui rappelaient sa jeunesse et son bonheur évanoui. C est alors qu’il fit une Lecture , ravissante lithographie et l’une de ses plus heureuses inspirations. Une jeune femme assise, ajustée de la manière la plus dégante, les bras nus, tient des deux mains, cioisées sur ses genoux, un livre entrouvert et un bouquet de roses. Elle vient d’interrompre sa lecture et retourne la tête vers une colombe qui, perchée sur le dossier de son fauteuil , avance le col pour baiser sa bouche. Le mouvement un peu maniéré, l’expression voluptueuse de la figure sont délicieux.
Il projetait aussi de peindre pour M. de Saint- Vincent une esquisse, répétition de sa Cigale dans le Daphnis et Chloé de Didot, et lui écrivait cà ce propos :
a Ce 8 mai 1822. — Monsieur, je serais bien embarrassé de repondre aux choses flatteuses que vous m’adressez dans la lettre que vous m’avez fait f honneur de m’écrire. Aussi m en tiendrai -je au silence sur un talent que vous m assurez vous fai i e grand plaisir. Quant aux reproches que 1 on croit devoir me taire, de rendre la nature plus séduisante qu’on ne la suppose, je répondrai que, loin de 1 em-