‹ Prud'honChapitre 189 sur 201 · LE CIIHIST SUR LA CROIX · texte numérisé non relu

LE CIIHIST SUR LA CROIX

le Christ sur la croix , et l'Ame délivrée . Le Christ sur la croix fut commandé à Prud’hon par le ministre de l’intérieur pour la cathédrale de la ville de Metz. Cette œuvre violente, inégale, incomplète, est cependant de l’effet le plus pathétique, le plus saisissant. Le Christ vient d’expirer. Les soldats et la foule ont quitté le Golgotha. Il ne reste au pied de la croix que la Vierge à demi couchée et évanouie , qu’une sainte femme soutient dans ses bras, et à droite Madeleine, agenouillée, une main à son visage, et embrassant de l’autre bras les pieds de son Maître divin. Le corps du Christ, l’épaule et le bras de la Madeleine sont éclairés : tout le reste du tableau est couvert d’une obscurité sinistre. Cette grande page n’est pas achevée. On y trouve des morceaux excellents et dignes du maître. La figure de la Madeleine, en particulier, est admirable d’invention et de sentiment. Malgré ses graves imperfections, on ne peut voir cet ouvrage sans avoir le cœur serré. C’est le dernier effort d’un artiste mourant, dont le génie jette encore de sublimes lueurs1.

1. Le Christ sur la croix , mal à propos daté de 1822, était encore dans l’atelier de Prud’hon au moment de sa mort. Il fut exposé au Salon de 1824. Le ministre le garda, et en 1825 le donna au Musée en échange d’une copie du même tableau qui fut

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