‹ Prud'honChapitre 190 sur 201 · L’AME DÉLIVRÉE · texte numérisé non relu

L’AME DÉLIVRÉE

L’Ame délivrée n’est qu’une ébauche en grisaille. Une femme ailée, les bras et la tête levés vers le ciel, vient de quitter une rive désolée, battue par la mer furieuse et sur laquelle se roule un serpent. A demi nue, elle rejette les vêtements souillés de la fange terrestre; dans ses yeux brille l’espoir d’une patrie meilleure. Cet ouvrage tout symbolique montre assez quelles étaient les préoccupations de Prud’hon à cette époque. Il a voulu traduire en peinture les paroles du Psalmiste : « Oh ! qui donnera des ailes à mon âme comme à la colombe, pour m’envoler vers le lieu de mon repos1? » Toutes ses pensées étaient tournées vers la mort, qu’il désirait comme une délivrance2.

exécutée par M. de Boisfremont et envoyée à Metz à la place de l’original avec deux autres peintures de la collection du Louvre prises dans les magasins (archives du Musée). — Il existe une réduction de cet ouvrage venant de M. de Boisfremont, qui appartient à M. Laperlier et une autre, à M. Hauguet, qui est moins noire et blanche, moins tachée, moins heurtée que le tableau. La Madeleine est complètement dans l'ombre, et l'effet est plus concentré.

1. Un des premiers croquis pour cette composition porte en effet ce passage écrit de la main de Prud'hon.

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