‹ Prud'honChapitre 20 sur 201 · PRUD’IION AU BARON DE .1 OU RS AN VA U LT · texte numérisé non relu

PRUD’IION AU BARON DE .1 OU RS AN VA U LT

pas étonne : il ne tiendrait pas de la race monastique. Je lui ai dit cent fois de faire vos clefs. Le drôle n’a jamais eu le temps; il a bien eu celui de boire votre

vin. Je vais lui faire voir votre lettre à cet article, et lui demander absolument vos clefs. Je l’avertirai d’ailleurs que vous venez bientôt à Cluny et que vous ne manquerez pas de lui chanter la grêle.

(( A l’égard des vieux papiers et parchemins, ils ne sont point communs à Cluny. Pour peu cju on en ait, on en fait des couvertures de pots. On ne pourrait

en trouver que chez MM. les Bénédictins, qui, non contents de leurs titres et droits, ont usurpé tous ceux de la ville; mais les coquins ne relâchent rien1. 11 m’est venu cent fois dans l’idée de vous parler du nouveau cachet que vous avez fait graver, et dont j’ai vu l’empreinte; mais je l’ai toujours oublié. Il est très-bien ; la tête du lion est superbe, mais l’arrangement n’est pas aussi heureux que dans celui gravé par M. Monnier "2. D’ailleurs, le guerrier est trop fluet, u Je suis, Monsieur, avec tout le dévouement le

1. Prud’hon ne paraît pas avoir gardé un très-bon souvenir des moines de Cluny, qui cependant l’avaient passablement dégrossi. Il ne faut pas oublier le moment : on était à la \eille de 89.

2. Monnier était le graveur de la ville de Dijon, et ami de Dcvosge; c’est lui qui a gravé la plupart des planches (pie nous possédons d’après les tableaux du maître de Prud lion.

46 PRUD’HON au baron de joubsanvault.

plus zélé et le plus respectueux, voire très-humble et obéissant serviteur.

« Prud’hon1. »

« Mon beau-père, ma belle-mère, ma femme, vous présentent, ainsi qu a Mn° Dembrun, leurs respectueux hommages, et ne voient l’heur d’avoir l’honneur de vous voir; ils regrettent bien d’être privés de celui de voir Mlle Dembrun, que je vous prie. Monsieur, d’assurer aussi de mes devoirs. »

A l’égard du caractère, Prud’hon est déjà tout entier dans cette lettre avec sa sensibilité, son ardeur,

I. Je n ai pas vu l’original de cette importante lettre, qui a été publiée dans les Archives de ÏArt français , t. U. La copie que j’ai sous les yeux, de la main de M. de Montaiglon, est signée

I rudhon avec une h, mais sans apostrophe. D’autres lettres de la môme époque, et suivant moi un peu postérieures, portent Prudon.

II est probable que pendant quelque temps Prud’hon a hésité sur

l’orthographe qu’il adopterait, et qu’il a signé tantôt d’une maniéré, tantôt de 1 autre. — M. de Montaiglon pense que cette lettre est de 1784. 11 se trompe certainement; elle doit avoir été écrite des 1779 ou en 1780 au plus tard : 1° parce que Prud’hon parle de son petit Jannot (son fils Jean ) alors à la mamelle, et on se sou-

vient que cet enfant est né suivant toute vraisemblance en 1778; 2° parce qu’il n’avait pas encore fait le voyage de Paris, où il alla en octobre 1780. — Je préviens une fois pour toutes que les lettres qui ne portent aucune mention ont déjà été publiées, et la plupart, dans les Archives de t Art français . Je n indique la provenance que des pièces inédites.

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