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LE PREMIER TABLEAU DE PRUD’IION

ses inquiétudes d’esprit; mais on y trouve aussi, et très-nettement marqué, un trait que je ne soupçonnais pas : la précision, l’exactitude minutieuse qui se révèle dans ses projets arrêtés et raisonnés, dans l’examen sévère qu’il fait de son œuvre. Ce tableau,

que Prud’hon critique si vertement, est en effet assez

médiocre, et il n’a guère d’importance que par sa date. Mais c’est à coup sur, comme le fait judicieusement remarquer M . de Mont aiglon, une peinture très-intéressante pour la biographie de l’artiste, et on n en trouverait pas une seconde qui montrât aussi bien le point de départ de ce séduisant génie. Ce petit tableau, qui appartient à M. A. L. Grand, est assez compliqué. Le buste en marbre d’un homme d’une quarantaine d’années, revêtu du costume militaire, et qui représente très-probablement M. de Joursanvault (d’autres pensent que c’est le portrait de La Fayette), est posé sur un piédestal dressé dans l’intérieur d’un temple. A gauche, une jeune femme parée, et qui paraît être un portrait (sans doute Mlle Dembrun), symbolisant la Beauté, entoure le buste d’une guirlande de roses. A droite, un petit

Amour lui présente un cœur enflammé et percé d’une tlèche. Minerve, accompagnée de la Prudence placée en arrière, pose une couronne sur la tête du guerrier. Au premier plan, à gauche, et assis sur les degrés,

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