PRUD’IION ET LA FAMILLE EAUGONNIE IL
Sylvain, l’autre Chamufïin ! Ne semble-t-il pas que le peintre des faunes, des bocages, ami des chiens et des chats, ait évoqué ces personnages quasi-prédestinés. Je n’ai pas connu Chamuffin, mais j’ai vu bien souvent M. Sylvain, beau et bon vieillard, qui avait conservé les traits des hommes solides et résistants de la Constituante, que Prud’hon devait aimer comme l’expression d’une âme juste et impassible.
à l’égard de son mariage, qui devait être parfaitement connu à Paris puisque M. de Joursanvault en parlait à VVille dans la lettre d’introduction qu’il donne au jeune peintre pour le célèbre graveur et que Prud’hon, ouvert et expansif comme il était, n’avait sans doute pas manqué de mettre ses nouveaux amis en relation non-seulement avec Wille, mais avec ses camarades Naigeon et Ramey, artistes bourguignons qui habitaient alors Paris. Déplus, Prud’hon revint en 1789 à Paris, où sa femme le rejoignit presque immédiatement. Il ne se brouilla avec Fauconnier qu’en 1791 au plus tôt, à propos du baptême de son second ou de son troisième enfant. Prud’hon avait prié son ami d’en être le parrain, dit M. Sensier, et il dut s’excuser ensuite de lui avoir demandé ce service, forcé qu’il fut d’offrir cet honneur à une autre personne. Il me semble évident que Fauconnier n’aurait pas attendu plusieurs années pour rompre tous rapports avec un homme qui l’avait indirectement trompé en taisant un fait de cette importance, et il n’a jamais indiqué d’autre cause à sa rupture avec Prud’hon que cette affaire de baptême. Enfin l’attachement de Mlle Marie n’aurait en tous cas pas été bien sérieux, puisque, d’après M. Sensier lui-même, elle se borna à dire, en apprenant l’état civil de son ami : « \ oyez donc ce Prud’hon, qui ne m’avait jamais dit qu’il était marié! »