‹ Prud'honChapitre 39 sur 201 · L’original de cette lettre appartient à M. Pelée · texte numérisé non relu

L’original de cette lettre appartient à M. Pelée

PRUD’IÏON A M. FAUCONNIER. 85

mate. Mon cœur sent tout ce qu'il vous doit, mon ami, et si la vie a quelques attraits pour moi, c’est sans contredit parce que vous y êtes. Chez vous seul j’ai connu les charmes de l’amitié; la franchise, la sincérité, la bonté de votre cœur, tout vous a rendu cher au mien et m’a fait voir que vous m’aimiez tendrement. O mon ami, comment voulez-vous que votre absence n’excite pas mes regrets? Vos lettres, quelque précieuses qu’elles soient pour moi, peuventelles me tenir lieu de vous? Elles ne peuvent qu’adoucir mes ennuis. Vous avez beau prêcher la fermeté, mon ami, l’ennui me suivra partout où vous ne serez pas. J’ai reçu ces jours passés la boîte qui contenait le papier et les autres effets que vous avez eu la bonté de m’envoyer. Je suis confus, mon ami, de ne pouvoir autrement vous en témoigner ma reconnaissance. Nous concourrons dans un mois. Je vous la renverrai après les états, avec l’esquisse de mon tableau et le dessin, ou quelque chose, à peu près ce que vous me demandez. Je vous fais mille remercîments des cravates et de l’argent que vous avez bien voulu ajouter aux effets que vous m’avez fait tenir. Je viens de finir mon plafond, dont le professeur est très-content, et qui m’a donné beaucoup de peine, non pas d’esprit, mais de corps ; je ne sais pas encore quand j’en recevrai le prix. Je vais faire

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