DEUXIEME PARTIE
Prud’hon à Rome. — Correspondance. — Premières impressions. — Études. — Pourparlers relatifs 5, la copie d’un tableau pour les états de Bourgogne; le Guide, Raphaël, Léonard, Carrache. — Le plafond de Pierre de Cortone. — Opinion de Prud’hon siu* David et sur Drouais. — Demande d’une nouvelle commande.
Rome était à cette époque le centre d’un mouvevement scientifique et artistique très-remarquable, et dont le fracas de la révolution politique et sociale qui s’accomplissait alors en France a fait pendant longtemps méconnaître l’importance. Dès le milieu du siècle, quelques érudits, la plupart Allemands, y donnaient aux études sur l’antiquité une direction et des bases nouvelles. Heyne et Winckelmann, P un par ses travaux philologiques, l’autre par son admirable histoire de l’art, ouvraient une voie sûre, où une
HOME A LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE.
foule d esprits ingénieux et profonds ne tardèrent pas à s’engager. Lessing par son Laocoon , Hamilton par ses belles études sur les vases antiques, Sulzer par ses articles sur la théorie des arts dans Y Encyclopédie, le savant Milizia, d’Agincourt enfin, suivaient l’impulsion donnée par leurs deux grands devanciers. La ville des papes fut prise à ce moment d’une véritable fièvre d’érudition. Quelques peintures arrachées aux murailles d’Herculanum et de Pompéi, des fouilles heureuses faites dans la ville et aux environs de home échauffaient les esprits et ouvraient de nouveaux horizons sur l’art des anciens. Les artistes ne tardèrent pas à suivre les érudits. Mengs, Canova, s’essayaient à mettre en pratique des idées auxquelles le génie de David devait donner tout leur éclat. David ne fut cependant pas séduit dès l’abord par les doctrines nouvelles. La Peste de Saint-lloch , qu’il envoya de Rome en 1779, le Bélisaire et Andromaque pleurant la mort d'Hector , qu’il exécuta à Paris, de 1780 à 1783, sont encore tout empreints de l’ancien académisme français. Mais, étant retourné à Rome pour y peindre son Serment des Iloraces , il adopta ce style archéologique et tendu qui devait peser sur l’Europe pendant près d'un demi-siècle. Leslloraccs, exposés à Paris en 1785, y eurent un immense succès, que la Mort de Socrate , qui suivit de près, ne