‹ Prud'honChapitre 46 sur 201 · PR UD’ II ON VISITE PAUME ET MILAN · texte numérisé non relu

PR UD’ II ON VISITE PAUME ET MILAN

et si compliqués qui forment la trame de l’âme humaine. A l’égard de Prud’hon, un fait qui jusqu’ici me paraissait inexplicable m’avait dès longtemps frappé. Ses premiers ouvrages, la Gérés* V Amour réduit à la raison, et son pendant : Le cruel rit des pleurs qu'il fait verser , qu’il exécuta à Paris aussitôt après son retour de Rome, prouvaient incontestablement qu’il avait étudié avec ardeur et assiduité Léonard de Vinci et Corrége. Or, au moment du premier séjour de Prud’hon à Paris, le musée du Louvre n’existait pas encore, et il est peu probable que le pauvre peintre ait eu l’occasion de visiter le cabinet du roi à Versailles 1 . Rome ne possédait de l’auteur de la Cène que la petite fresque de San Onofrio , qui n’est appréciée et attribuée à Léonard que depuis quelques années; car l’ébauche du Saint Jérôme de la galerie Fesch, aujourd’hui au Vatican, n’était pas connue à cette époque2.

1, Il est vrai que, en 1750, cent dix tableaux appartenant au cabinet du roi furent transportés au Luxembourg, où ils restèrent jusqu’en 1785, époque à laquelle on les réintégra à Versailles. Le public était admis à les visiter deux fois par semaine. Mais d’après l’inventaire très-sommaire que nous possédons, il ne paraît pas que, si l’on en excepte une Sainte Famille de Raphaël et la Charité d’André del Sarte, cette collection renfermât les ouvrages importants de la galerie rovale.

2. J'ai dit, dans mon Etude sur Léonard de Vinci, que je me refusais absolument à admettre comme œuvre de ce maître la Modestie et la Vanité , de la galerie Sciarra.

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