LA VENGEANCE DE CÉKÈS
habitude. Dans ses courses vagabondes à la recherche
de sa fille Proserpine, Gérés arrive à Eleusis, harassée et affamée. Une vieille femme, nommée Baubo, lui donne l’hospitalité. Gérés s’assoit à sa table, mais son désespoir était si grand qu’elle refusait toute nourriture. Alors Baubo fit un geste indécent qui dérida
la déesse et la décida a prendie la bouillie. Mais le jeune Iacchus, compagnon de Baubo, ayant fait mine de se moquer de la gloutonnerie de Géies, celle-ci le change en lézard. Prud hon a îepiesente sans la modifier en rien la Iegende chantee par les poètes. La scène se passe dans une pauvre chambie. La cleesse, vue de profil, est assise; de la main gauche, appuyée à la table, elle tient son assiette; de l’autre elle approche sa cuiller de ses lèvres. Mais le geste du jeune Iacchus, placé à l’autre bout de la pièce, le coi ps cambré, les deux bras jetés en avant, la surprend et l’arrête. Elle le regarde le cou tendu, la bouche ouverte d’un air menaçant. Ge mouvement interrompu est admirablement saisi. Derrière la table, Baubo, magnifique figure qui semble inspirée de Michel- Ange, le corps incliné, tient des deux mains la rustique soupière et semble parler à la cleesse. Prud hon a fait là, pour son coup d’essai, une œuvre magistrale et excellente. La vieille femme est, par la belle expression de la tète, le noble arrangement des dra-