K T DE L’AMITIÉ
peiies, la vérité de la pose, une de ses créations les plus grandioses. Gérés est ravissante de grâce, de noblesse, de poétique beauté. On pourrait cependant reprocher quelque lourdeur à sa coiiïure, composée de grosses tresses roulées derrière la tête et d’une profusion d’épis qui s’avancent sur le front. Ce bel ouvrage nous montre Prud’hon compositeur et dessi-
nateur accompli. Il possédait déjà au plus haut degré ce sentiment personnel , cette individualité accusée qu il signalait dans ses lettres de Rome comme la vertu capitale de l’artiste.
En 1791, Prud’hon envoya au Salon un beau dessin à la pierre noire, que possède M. Mène et qui représente un jeune homme portant un flambeau, appuyé sur le dieu Terme. 11 répéta cette figure dans le tableau . 1 Linon de l Amour et de l Amitié qu il exposa en 1793, avec deux portraits, un magnifique dessin à la pierre noire, dont le sujet est emprunté à la tragédie d Audi omaque> et / Amour réduit à lu raison exécuté à la plume. Cette dernière composition et son pendant : le Cruel rit des pleurs qu'il fait verser ^ forment avec la (,eres le prologue, en quelque sorte, de l’œuvre de Prud bon. Ce sont des ouvrages nés de la même inspiration; fruits poétiques des loisirs féconds qui avaient naturellement mûri dans l’âme de l’artiste pendant les trois ou quatre années solitaires qu’il passa dans la