PREMIERS DESSINS DE PRUD’HON
guère d’être conservés. On pourrait cependant rapporter à cette époque deux croquis bien informes encore qui ont été gravés en fac-similé par le baron de Joursanvault. L’un représente une femme qui tient un enfant et va lui donner de la bouillie; l’autre, deux paysannes assises, l’une filant, la seconde ayant les bras croisés ; un homme debout se tient derrière elles \ Il est inutile de s’arrêter à ces compositions. Le tendre et pathétique Prud’hon n’existe encore à aucun degré, et je ne m’explique pas qu’un homme aussi compétent qu’ Eugène Delacroix ait pu écrire : « Son talent semble n’avoir pas eu d’enfance, et en examinant tout ce qui a été recueilli de ses
1. Ces deux eaux fortes sont signées : Pe P. Prudon. — Le B°" de ,/. sc. — On connaît deux autres pièces évidemment gravées par M. de Joursanvault d'après des dessins de Prud’hon de cette même époque, quoiqu’elles ne portent aucune signature. La première représente des paysans qui chassent quelques petits musiciens qui étaient venus jouer devant leur chaumière; la seconde un mendiant avec une jambe de bois et appuyé sur deux béquilles, à qui un passant fait l’aumône ; un troisième personnage met la main dans la poche de l’homme bienfaisant pour lui voler son mouchoir. Je ne connais qu'un seul exemplaire de chacune de ces planches. Us appartiennent l'un et l’autre à M. Mouilleron. Je possède une feuille de croquis divers achetée à Beaune chez un fripier comme les deux planches précédentes et qui sont certainement gravés par M. de Joursanvault ; mais je n’oserais attribuer les dessins à Prud’hon.