‹ Prud'honChapitre 97 sur 201 · PHROSINE ET MÉLIDOR · texte numérisé non relu

PHROSINE ET MÉLIDOR

verse de nuit le bras de mer à la nage. Mélidor l'at-

tend sur le rivage :

Tout son sang brûle et tout son corps palpite; L’objet s’approche, et lui, se précipite, L’atteint, l’enlève au fatal élément.

Ah! quel fardeau pour les bras d’un amant! Quel coup, ô ciel! quelle scène inouïe!

Mais sa Phrosine était évanouie.

Trop de frayeur, de fatigue et d’efforts Avaient, hélas! épuisé ses ressorts.

La mise en scène est mystérieuse et sévère. Le feu que Mélidor avait allumé pour diriger sa maîtresse, et la lune qui sort à demi des nuages audessus de Messine, jettent leurs reflets sur la mer, sur les rochers à gauche, oit l’on aperçoit l’ermitage, et sur les corps enlacés des deux amants. Mélidor, vêtu de son sombre costume, entoure Phrosine de son bras droit et soutient son corps inerte. La tête penchée sur elle, il embrasse sa poitrine avec une ardeur mêlée d’anxiété et de terreur. La lumière argentée éclaire le bras et le sein gauche, les cuisses et le bas de la tête renversée de la jeune femme, et ce corps superbe, du type le plus noble, du dessin le plus grandiose, qui s’affaisse et s’abandonne dans un mouvement d’une étonnante vérité, se détache sur la robe obscure du moine comme une apparition de

Mir <i iger sa maî-

Pi! RO SINE

M ÉLIDOR

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