MARCHE. — PRONOSTIC
Le pronostic est bénin. En général, l’affection évolue rapidement vers la guérison complète, surtout si on la compare à la coxo-tuberculose. Après quinze jours, trois semaines, un mois de repos avec ou sans immobilisation, tous les accidents disparaissent et l’enfant peut reprendre ses occupations et ses jeux. Quelquefois la guérison se fait attendre plusieurs mois. Nous ne parlons pas, bien entendu, de ces cas éphémères qui ne durent que vingtquatre ou quarante-huit heures et qui, de ce fait, passent inaperçus. Mais il ne faut pas être trop optimiste car l’hyperémie, l’inflammation du cartilage d’accroissement compris dans la cavité articulaire peut retentir sur elle et donner lieu à de l’arthrite qui prolongera la durée de la maladie et pourra lui donner une allure chronique et laisser une certaine raideur de l'articulation si le sujet continue à marcher et à supporter des fatigues malgré la douleur. C’est à ce propos que Gosselin disait! : « Je ne serais pas étonné que certaines fausses ankyloses survenues pendant la jeunesse et qu’on ne peut expliquer ni par le rhuma-
1 Gosselin, Arch, gén. de Méd., 1858.
Pa RER tisme, ni par les scrofules, ni par une lésion traumatique, aient été déterminées par une arthrite leute, développée en même temps que l’ostéite légère de croissance, au moment de la soudure des épiphyses. » L'hyperémie de la zone de prolifération physiologique ne provoque, en effet, pas seulement la douleur, mais elle peut être le début d’une inflammation osseuse et plusieurs enfants sont repris deux ou trois fois par an et pendant quelques années des mêmes accidents qui ensuite ne reviennent plus. Nous savons encore que l'articulation peut offrir un peu de tuméfaction qui disparaîtra promptement ou de l’hydarthrose qui peut persister plus ou moins longtemps et présenter de temps à autre des poussées aiguës. D’autre part, le professeur Ollier nous fait remarquer que des ostéomyélites qui prennent plus tard le caractère infectieux commencent souvent comme des douleurs de croissance. Les enfants éprouvent pendant plusieurs semaines des douleurs juxta-épiphysaires qui reviennent par crises, comme par accès, et qui se calment d’elles-mêmes. Poussés par leurs parents, ils reprennent leurs jeux dès que la douleur se calme, mais ils se fatiguent vite et restent pendant un certain temps sous l’imminence des accidents les plus graves. Un léger traumatisme, un mouvement forcé, un refroidissement local ou général (repos sur l’herbe, sur ‘la terre humide) feront alors éclater les symptômes d’une inflammation aiguë. Nous ne pouvons donc moins faire que de répéter pour la pseudo-coxalgie de croissance, cette phrase que M. le professeur Poncet appliquait à l’ostéomyélite larvée’: « Il existe la un foyer latent susceptible
1 Poncet, Prov. méd., 1893, ESS ‘
de disparaître, mais aussi de réveiller des accidents inflammatoires sous l'influence d’une cause occasionnelle ». Nous
| avons, en effet, deux observations dans lesquelles des
phénomènes ostéomyélitiques avec hyperostose diffuse sont venus compliquer l'affection primitive.
Enfin, une première souffrance de la hanche, si ler soit-elle, crée un lieu de moindre résistance et peut, chez un sujet prédisposé, servir de point d'appel à une locali-
sation tuberculeuse. |