OBSERVATION V
(Observation inédite de M, le professeur Ponect.)
Pseudo-coæalgie (coxalgie de croissance). Guérison rapide.
Edouard V..., de Saint-Ciaude, âgé de cinq ans, est présenté le 25 septembre 1890 à M. le professeur Poncet qui constate chez lui tous les signes d’une coxalgie. Voici, du reste, son histoire. Il s'agit d’un enfant très développé sans tare antérieure d’aucun genre et chez lequel l’hérédité paraît nulle. |
Au mois de décembre 1889, il fut atteint d’une scarlatine d’une forme très bénigne. Dans le courant de janvier 1890, l'enfant se plaignit de douleurs dans le creux poplité gauche en même temps que d'une faiblesse du membre inférieur correspondant. Cette douleur, considérée par l'entourage comme une douleur de croissance, aurait avec l'impotence fonctionnelle duré de six à sept semaines. Depuis lors, aucune douleur, aucune gêne, l’enfant courait, marchait comme par le passé. Il a fait au mois d’août de la même année, un séjour à Salins (Jura).
Le 14 septembre dernier, il se plaignit tout à coup du genou et de gêne dans la marche. Le 18 septembre, il aurait fait une chute de sa hauteur en voulant sauter un petit fossé. À partir de ce moment il ne put plus marcher, l’impotence fonctionnelle était
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complète ; un enfant de son âge dut le ramener à la maison dans
une petite voiture. L’impotence du membre est restée complète et
les douleurs très vives au moindre mouvement, Aussi, le 25 sep-
tembre, les parents amenaient-ils l'enfant à M. le professeur Pon-. cet qui constatait tous les signes d’une coxalgie. La cuisse était
fléchie fortement sur le bassin, à angle aigu et dans l’edduction
forcée. Les douleurs vives provoquées par le moindre mouvement
empêchaient un examen plus complet.
26 septembre. — Éthérisation. Le membre, pendant l’anesthésie se redresse tout seul. Vingt pointes de feu sur l'articulation de la hanche et bandage silicaté.
Quelques jours après, l’enfant est ramené à Saint-Claude où il doit garder l’immobilité et suivre un traitement général,
Il est ramené à Lyon le 15 décembre de la même année. Le bandage est enlevé. On ne constate aucune déformation de la hanche ; il n’y a plus de douleur ; la liberté des mouvements est complète. À partir de ce moment, l'enfant a pu marcher et se servir du membre inférieur gauche comme par le passé ; la guérison était complète. Neuf ans se sont écoulés depuis cette époque, la guérison s’est maintenue, le petit malade n’a plus présenté aucun signe de coxalgie,
OBSERVATION VI (inédite).
(Communiquée par M. le professeur Poncet et par M. le professeur agrégé Bérard.)
E. G..., quatorze ans, de Morez (Jura), souffre depuis un mois d’assez vives douleurs dans la hanche gauche, douleurs ayant apparu depuis que l'enfant suit des cours dans une école professionnelle d'industrie où il est obligé de rester debout une bonne partie de la journée et de selivrer à des exercices physiques assez pénibles. Depuis six mois aussi, cet enfant fait un usage immodéré
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de la bicyclette, Un médecin qui l’a vu, huit jours avant son arrivée à Lyon, a fait le diagnostic de coxalgie.
Mai 1897. — M. le professeur Poncet constate qu’il s’agit d’un vigoureux garçon bien musclé, présentant peu ou point d’atrophie de la cuisse gauche, un très léger abaissement du pli fessier. Il ny apas de déformation apparente de la hanche gauche, mais les mouvements d’abduction sont nettement limités et douloureux, qu’on les provoque dans le décubitus, en fléchissant la cuisse sur le bassin ou que l’on fasse tenir l’enfant debout, les jambes éeartées.
La pression sur le grand trochanter n’est douloureuse qu’à condition d’être fortement appuyée ; il en est de même du choc sur cette épiphyse.
La pression sur l’épine iliaque antéro-supérieure ne détermine aucune souffrance, pas plus que les tentatives d’écartement des deux épines iliaques. .
Etat général excellent. Pas d’antécédents personnels à noter, mais une sœur morte de tuberculose.
L’enfant interrogé sur les caractères des douleurs spontanées, dit nettement qu’elles apparaissaient le soir après les fatigues de la journée. Pas de douleur nocturne très nette.
Quoiqu'il ait écarté, après cet examen, l’idée probable d'une coxalgie, M. le professeur Poncet fait immobiliser l’enfant dans un silicate, après une légère révulsion sur l'articulation de la hanche. Deux mois après, cet appareil est enlevé et, comme tous les symptômes morbides articulaires ont disparu, on tolère la marche, mais d’une façon modérée. Enfin, dans les six ou sept mois, cet enfant reprenait ses occupations ordinaires sans avoir jamais ressenti son ancienne douleur de la hanche.
1898. — M. Bérard revoit le malade et le trouve très bien portant. Il n’a toujours plus de sensation douloureuse dans la hanche, il n’a pas de trouble de statique du côté de son membre inférieur gauche, tous ses mouvements sont libres; il est, en somme, parfaitement guéri.