OBSERVATION X
(Recueillie dans le service de M. E. Vincent, à la Charité.)
| Coxalgie de croissance (ou hystérique ?)
| R..., huit ans et demi, entrée le 5 avril 1886, salle Sainte- J Amélie, Père et mère vivants, jouissant d’une bonne santé. Ni | frère, ni sœur.
È Le début remonte à deux ou trois ans. L'enfant fit, à plusieurs ; reprises, des chutes sur la hanche aujourd’hui malade. De plus, les premiers symptômes se manifestèrent pendant la convalescence 4 d’une rougeole, C’est à cette dernière affection que l'enfant fait À remonter l'origine de sa coxalgie. L’affection débuta par des douleurs vives s'irradiant dans toute l’articulation coxo-fémorale, mais présentant un foyer plus particulièrement douloureux en - arrière du grand trochanter. Elle n’a jamais accusé de phénomènes douloureux dans la région du genou. Après avoir passé par les mains d’un certain nombre de rebouteurs qui la traitèrent pour
un « nerf cassé », elle nous est amenée par ses parents.
SPECE E
. Aujourd'hui (5 avril 1886), on constate un léger effacement du pli de l’aine et du pli fessier. Le membre est dans l’adduction. La ligne ombilico-pubienne vient tomber à quatre travers de doigts en dehors de la malléole externe. On remarque, en outre, une légère flexion avec rotation en dehors. Les douleurs, qui ont beaucoup perdu de leur intensité, sont localisées en arrière du grand trochanter ; elles ne semblent pas exaspérées par les mouvements provoqués ou spontanés. La flexion et l'extension sont possibles, mais, lorsqu'on les exagère, elles entraînent avec elles le bassin. L’abduction et surtout l'extension ne peuvent avoir lieu sans déplacer le bassin, La marche est défectueuse, l'enfant boite. On constate, en effet, un raccourcissement apparent de 2 centimètres.
Etat général excellent.
Traitement : pointes de feu superficielles, redressement, bendage silicaté. L'enfant sort le 10 avril.
Août 1886. — Entre à la Charité où elle tombe malade au bout d’un jour ou deux. Elle a de la fièvre, mal à la gorge ; on croit à une scarlatine ; son père l’emmène.
8 juin 1889. — Les parents répondent ainsi, par correspondance, à une série de questions : « Notre enfant va très bien. Elle a eu une scarlatine qui dura un mois; elle fut très malade. Elle n’a pas porté de tuteurs ; cinq mois après sa sortie de la Charité elle ne boitait plus.
« Elle est complètement guérie ; si ce n’était la cicatrice (pointes de feu) qui lui a été faite à la hanche lors de son opération, le 7 avril 1886, elle ne saurait pas à quelle hanche elle a eu une coxalgie, Elle n’a pas eu d’abcès ni de fistule. Elle exécute aussi bien les mouvements avec sa jambe qui a été malade qu'avec l’autre, Les mouvements ne sont pas douloureux. Le membre qui a été malade est aussi gros et aussi long que l’autre et les chevilles sont à la même hauteur. Elle marche et elle court comme un lièvre, ses souliers sont l’un comme l’autre, »
LR TEE