‹ Pseudo-Coxalgie: Coxalgie de CroissanceChapitre 6 sur 23 · ACT RES · texte numérisé non relu

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enfin, si l’inflammation survient, si le staphylocoque doré ensemence l’épiphyse, des suppurations circonscrites ou diffuses.

Springer ! dit à son tour: « Les enfants grandissent pendant leurs maladies. Pendant la croissance, le tissu osseux étant le siège d’une activité nutritive portée à son maximum, appelle sur lui les localisations morbides. Si la localisation, ainsi qu’il arrive le plus souvent, consiste en une simple hyperémie, cette congestion augmente l’activité fonctionnelle des éléments sur lesquels elle porte et qui se manifeste, pendant la croissance, sous forme de prolifération cellulaire. Aïnsi s’explique l’allongement des os. Si, en certains points des os, la congestion est plus intense, il peut se produire une véritable inflammation qui s'accompagne le plus souvent de décharges bactériennes.

Miallaret? montre l’analogie qui existe dans les caractères, le pronostic des douleurs de croissance et des douleurs de l’ostéomyélite, et voit dans la fièvre de croissance le premier degré de l'ostéomyélite.

P. Mauclaire* rappelle une variété d’ostéomyélite sans abcès ni nécrose. Les symptômes sont ceux de l’ostéomyélite ordinaire, mais la maladie se termine sans la production d’abces ni de nécrose, La guérison a lieu et le malade ne conserve qu’une hyperostose quelquefois avec ankylose, si l’articulation voisine a été lésée, Il ne croit

1 Springer, La croissance ; son rôle en pathologie. Essai de pathol. gén. (th. de Paris, 1890).

2 Miallaret, De l’ostéomyélite larvée, des ostéalgies ostéomyélitiques (th. de Lyon, 1893).

3 P, Mauclaire, Des ostéomyélites de la croissance. Monographie 1894 (Bibl. méd. Charcot et Debove).

7 te pas le diagnostic avec la fièvre de croissance toujours facile, car il existe, dit-il, des degrés intermédiaires entre la fièvre de croissance et l’ostéomyélite classique. Parlant de l’ostéomyélite prolongée, que d’autres appellent retardée, dans laquelle une première poussée aiguë peu importante, passant inaperçue parfois, est suivie plusieurs mois, plus souvent plusieurs années après par les vrais accidents de l’ostéomyélite, il considère, avec Bouilly, la fièvre de croissance, comme le premier degré de l’ostéomyélite.

Gangolphe ‘estime que, sans vouloir affirmer qu’il s’agit toujours d’un processus pathologique infectieux, très atténué, il est logique de penser que, dans certains cas, une telle opinion est tout à fait plausible. L'activité nutritive des régions juxta-épiphysaires pendant l’accroissement peut être la cause de douleurs fixes dans leurs sièges, spontanées ou appréciables seulement à la pression. Le plus souvent apyrétiques, ces douleurs surviennent d’emblée chez un enfant à croissance rapide ou se montrent après une marche, une fatigue quelconque. Le repos les fait disparaître et, au bout de quelques jours, tout est terminé. D’autres fois, les douleurs de croissance sont plus tenaces. IL n’a pas observé de fièvre et, à son avis, les douleurs de croissance accompagnées d’état fébrile, à plus forte raison s’il y a un peu de tuméfaction de l’os ou d’une jointure adjacente, méritent d’être rangées dans les manifestations bénignes de l’ostéomyélite.

Lévèque? nous dit qu’à l’extrémité supérieure du fémur, comme au niveau d’autres extrémités du squelette, on doit,

! Gangolphe, Traité des mal. infect. et chirurg. des os, 1894. ? Lévêque, th. de Lyon, 1895.

en effet, rencontrer les diverses formes de l’ostéomyélite infectieuse. À côté, par exemple, de la coxalgie ostéomyélitique suraiguë, éminemment infectieuse, « alors que le sujet est emporté par des complications septicémiques avant mème que la suppuration de l’article ait eu le temps de s'établir, et des pseudo-coxalgies ou coxalgies de croissance, caractérisées anatomiquement par une hyperémie plus ou moins marquée du tissu spongieux juxta-épiphysaire et chiuiquement par les signes d’une véritable coxalgie au début, d’où le nom de pseudo-coxalgie donné par M. le professeur Poncet à de tels phénomènes articulaires, il existe, on le comprend, toute une série d’intermédiaires.

Il distingue Parthrite purulente, l’arthrite douloureuse avec ankylose et l’arthrite douloureuse avec guérison.

Lacroix ‘ range la fièvre de croissance dans les formes chroniques d'emblée de l’ostéomyélite, lui assigne, par conséquent, une origine infectieuse. Et comme ces formes parcourent successivement les trois phases : douleurs, hyperostose, abcès osseux, il reconnaît dans la fièvre de croissance les types principaux suivants :

a) Accès fébriles légers accompagnant un accroissement rapide de la taille, sans localisations douloureuses;

b) Simple hyperémie médullaire avec douleurs plus ou moins vives;

c) Hyperémie avec hyperplasie osseuse ou arrêt du développement normal, amenant ces inégalités de longueur des membres sur lesquelles insistait Ollier, Pallongement étant beaucoup plus fréquent que le raccourcisse-

ment;

.4 Lacroix, th. de Lyon, 1897.

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