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d) Ostéite avec hyperostose et tendance à la suppuration ; - e) Abcès osseux.
A. Poncet!, quoique conservant le terme de fièvre de croissance, en raison de son origine ancienne et surtout de l’idée qu’il entraîne, idée souvent juste, lui préfère la dési” gnation d'ostéite plastique de la croissance, qui comprend l’hyperémie passagère, parfois instantanée, caractérisée par une douleur également fugitive plus ou moins forte, et la tuméfaction des extrémités osseuses qui s'accompagne volontiers de fièvre, d’accidents généraux dont la gravité apparente a pu égarer le diagnostic. Il distingue deux variétés principales de fièvre de croissance : l’une que l’on pourrait appeler fièvre de croissance sans fièvre, poussée de croissance et dans laquelle les douleurs osseuses appellent parfois exclusivement l'attention, c’est la variété la plus commune; l’autre, la fièvre de croissance proprement dite, dont les symptômes rappellent quelquefois ceux de l’ostéomyélite suppurée, celle de Bouilly.
Nous voyons ainsi qu’on est arrivé peu à peu à faire de la fièvre de croissance une affection osseuse, mais là, nous nous trouvons en présence de deux opinions qui trouvent encore des partisans, l’une attribuant les douleurs juxtaépiphysaires à une hyperémie locale d’origine physiologique, c’est-à-dire sans intervention locale de microbes ou de leurs toxines, l’autre subordonnant cette hyperémie à une infection locale atténuée. Faudrait-il donc distin-
‘ A. Poncet, Traité de chirurgie S. Duplay et P. Reclus, 1897.
guer les deux cas dans la pseudo-coxalgie de croissance et admettre une forme non infectieuse et une forme infectieuse ? Nous ne le pensons pas, car cette distinction ana tomo-pathologique presque impossible à vérifier, puisque les sujets guérissent, ne subsiste pas en clinique. D’ailleurs, l’une et l’autre forme peuvent conduire aux mêmes complications : la première favorise l'infection, et la seconde, étant déjà infectieuse, peut le devenir davantage.
En ce qui concerne plus particulièrement la pseudocoxalgie de croissance, il y a peu à dire au point de vue historique. Lovett et Morse! font remarquer, avec une statistique à l’appui, qu’une coxalgie qui présente tous les signes caractéristiques du début de cette affection peut, dans certains cas, n’être que passagère et guérir en quelques mois au lieu de durer des années. Sur 38 coxalgiques qui n'étaient entrés qu’une fois, en 1888-89, à J’unique hôpital d'enfants de Boston et dont quelques-uns cependant étaient revenus une à deux fois, mais n’avaient pas suivi de traitement continu, 24 furent retrouvés en février 1892. Chez 11 d’entre eux, la coxalgie avait suivi sa marche habituelle et, chez les 13 autres, une guérison rapide s’était maintenue. Ils pensent que 8 n’eurent probablement qu'une simple synovite aiguë, mais que les 5 autres doivent avoir présenté une affection osseuse bien réelle; seulement, ils ne disent pas laquelle. Et nous n'avons pu retrouver qu’une allusion de Gosselin, une
1 Lovett et Morse, Boston med. and surg. Journal, 18 août 1892.
op autre d’Ollier, deux observations de Reclus, une de Duplay et un article de Fiessinger‘, où il raconte la bonne fortune du praticien auquel le public attribue la guérison d’une coxalgie qui n’était qu’une ostéite juxta-épiphysaire de croissance. Peu d’auteurs donc se sont occupés de cette entité morbide. M. le professeur Poncet, cependant, a insisté sur cette question, dans la première édition du Traité de chirurgie d’abord, puis dans la thèse de Lévèque, plus encore dans la seconde édition du Traité de chirurgie et enfin, aujourd’hui encore, en nous inspirant ce travail.
! Fiessinger, Médecine moderne, 8 oct. 1898.
Rappelons, en passant, le mode de développement du squelette de la hanche.
L’os coxal se développe par trois points d’ossification principaux pour l’ilion, le pubis et l’ischion. Ges trois centres d’ossification se développant rapidement, envahissent la cavité cotyloïde, où ils ne sont plus séparés à la naissance que par trois branches cartilagineuses rappelant assez bien, dans leur ensemble, la forme d’un Y. Les points complémentaires sont variables en nombre et en importance (Testut‘). Nous ne citerons que ceux qui nous intéressent, les trois points complémentaires pour la cavité cotyloïde apparaissant dans le cartilage en Y. De ces trois points, il en est un qui persiste encore à la douzième année, sous la forme d’une plaque osseuse située entre l’ilion et le pubis, au niveau de la partie antérosupérieure de la cavité cotyloïde et du sourcil cotyloïdien.
Le fémur se développe par cinq points d’ossification : un primitif pour le corps et quatre complémentaires pour les extrémités. Des quatre points complémentaires, trois appartiennent à l’extrémité supérieure, l’un pour la tête, les deux autres pour le grand et le petit trochanter.
1 Testut, Traité d'anatomie.
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La figure ci-jointe nous montre que les trois points d'ossification cotyloïdiens. et celui qui sépare la tête et le col du fémur sont complètement intra-articulaires. On peut donc s’attendre à voir les troubles que leur imprime la fièvre de croissance se répercuter sur l’articulation et
F, fémur; C, cotyle; S, synoviale ; Ca, capsule articulaire,
donner lieu aux symptômes de l’arthrite. Parmi ces symptômes, il n’en est pas, croyons-nous, qui puissent nous indiquer si le point d’ossification affecté appartient à la cavité cotyloïde ou au fémur.