‹ Pseudo-Coxalgie: Coxalgie de CroissanceChapitre 8 sur 23 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La symptomatologie de la pseudo-coxalgie de croissance est assez variée ; variée en ce sens qu’elle ne présente pas toujours une allure clinique suffisamment nette pour la faire distinguer facilement des autres formes de coxalgies ou de pseudo-coxalgies, qu’elle peut débuter par l’un ou l’autre des symptômes qui lui appartiennent, qu'elle peut présenter un plus ou moins grand nombre de ces symptômes et qu’elle évolue plus ou moins rapidement, aboutissant à une guérison complète sans récidive, ni aucune autre manifestation pathologique ressortissant de la même cause ou à une guérison temporaire avec retours offensifs quelquefois plus graves, in situ ou à distance en d’autres points juxta-épiphysaires du squelette et à date plus ou moins rapprochée ou éloignée. Nous avions l’intention de décrire une forme type autour de laquelle on aurait pu faire graviter tous les cas possibles, mais, vu le petit nombre d'observations précises que nous possédons, nous

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ne nous croyons pas encore assez autorisé. D’ailleurs, dans les observations publiées jusqu’à ce jonr, où l’on retrouve un syndrome coxalgique atténué et disparu en très peu de temps, on n’a peut-être pas bien souvent pensé à une localisation possible de la fièvre de croissance, on a peut-être négligé de signaler ou de rechercher différents signes qui auraient pu mettre sur la voie du diagnostic et nousrisquerions de prendre pour base de notre description, la forme qui serait loin d’être la plus fréquemment rencontrée en clinique. N'ayant pas d'autre but que celui d'attirer l’attention sur cette pseudo-coxalgie, beaucoup plus fréquente, il nous semble, "qu’on ne le croit, nous nous contenterons d’en énumérer les divers symptômes en indiquant les particularités qu’ils nous ont paru revêtir le plus souvent.

Début souvent brusque. — C’est le plus ordinairement à l’occasion de fatigues quelconques, de marches prolongées, de station debout longtemps soutenue, d’exercices gymnastiques exagérés, à la suite d’exposition au froid humide, d’efforts de natation, des mouvements qui produisent l’entorsejuxta-épiphysaire, de toutes les causes, en un mot, qui à un degré de plus peuvent provoquer une inflammation osseuse véritable que, le soir, à la tombée de la nuit, après avoir joué toute la journée, l’enfant se plaint. Il accuse de la douleur dans la hanche, ouil boite,ou il est pris de phénomènes fébriles s’accompagnant de sensations douloureuses en divers points du squelette, ou bien encore il présente tous ces symptômes à la fois.

Douleur de la hanche. — Ea douleur de la hanche apparaît généralement d'emblée. Chez quelques-uns elle elle est aiguë et immédiatement assez forte pour les obliger

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à garder le litet à laisser dans l’immobilité complète leur articulation souffrante. Chez d’autres, et c’est le plus grandnombre, elleest assez modérée, ne se prononçantun peu plus qu’à la fin de la journée après les fatigues imposées à l'articulation; elleest plus ou moins vive,lancinante, profonde, intra-osseuse et peut s’irradier jusqu’au genou, mais il ne semble pas que la gonalgie ait été un symptôme primitif. Il n’y a ni chaleur, ni tuméfaction appréciables, quelquefois cependant, on peut observer un peu de l’une et de l’autre. Enfin, chez d’autres encore, cette douleur spontanée fait défaut ou à peu près. Quelle que soit son intensité, il n’est pas rare de la voir disparaître après vingt-quatre ou quarante-huitheures de séjour au lit mais, plus souvent, elle est durable ou tout au moins revient à divers intervalles pendant un plus ou moins longtemps.

On peut l’exagérer, la réveiller, la provoquer par la pression directe et par la pression à distance; en appuyaut plus au moins fortement à la base du triangle de Scarpa, en arrière del’articulation au-dessous des muscles fessiers, ayant soin dans ce cas, suivant la remarque de Lannelongue, de porter le membre dans une flexion aussi prononcée que possible jointe à l’adduction et à la rotation en dedans; en pressant, en frappant avec la paume de la main sur le grand trochanter ou sur le talon, la jambe étant étendue ; en imprimant des mouvements étendus au membre inférieur. Mais toutes ces manœuvres peuvent aussi ne révéler aucune sensibilité. |

La douleur, donc, ouvre souvent la scène et assez brusquement. Il n’y a pas de prodromes. Toutefois, notamment dans les cas qui paraissent comporter une certaine gravité, il arrive que tous les signes du côté de la hanche sont

A HE précédés de phénomènes généraux avec angine, embarras gastrique fébrile, nausées, vomissements, frissons annoncant la fièvre, convulsions même, et surtout épistaxis abondante ou plus ou moins répétée.

Claudication. — La claudication accompagne natu rellement le symptôme précédent, mais elle se montre parfois avant la douleur de la hanche et peut exister sans elle. Il est rare qu’on soit obligé de la rechercher par le signe du maquignon, de même qu’il n’est pas besoin d’avoir recours au signe de l’épreuve pour constater que le sujet fait plus volontiers porter le poids de son corps sur le membre sain; elle est rapidement assez marquée pour attirer l'attention. « L'enfant rentre de l’école, il tire la jambe; le lendemain cela augmente, les parents s’inquietent et, dès le troisième j our, la boiterie est manifeste et s'accompagne de douleurs spontanées ou provoquées. » (Fiessinger).

Mouvements physiologiques limités. Gontractures musculaires et attitudes vicieuses. — Lorsqu'on examine les mouvements physiologiques de la hanche malade, on peut les trouver intacts, c’est-à-dire aussi étendus qu’à l’état ordinaire, aussi faciles et sans douleur ; alors il n’y a pas de contracture musculaire ni d’attitude vicieuse pendant la marche et à plus forte raison au repos; tandis que, d’autres fois, on est frappé à première vue de la raideur du membre inférieur immobilisé par la contracture de certains groupes musculaires, tant la douleur est violente, et la moindre tentative de mouvement imprimé à la cuisse entraîne le bassin. Mais c’est dans un état intermédiaire qu’il faut chercher ce qui se voit le

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