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leur changeait un peu de place de temps en lemps; mais elle exisla à un degré plus ou moins fort pendant toute la durée de notre observation, c’est-à-dire près de deux ans.
En mai 1887, la malade cracha une pelite quantité de sang. Ce sang vint sans effort et apparemment du fond de la gorge. Il n’y avait alors aucun signe aux poumons. Peu après elle rendit, deux ou trois fois, de petites quantités de pus provenant de la même source, et se trouva mieux après ces évacualions. On ne remarqua aucun gonflement rétropharyngien; mais cependant la malade avait eu parfois quelque difficulté pour avaler. A part cela, rien de nouveau ne se produisit et la malade resta couchée presque toujours sur le dos et bien souvent avec un sac de sable de chaque côté du cou. En septembre 1887, l’affaiblissement et l'amaigrissement étaient considérables ; il n’y avait pourtant aucune paralysie, aucune perte de sensibilité ni dans les bras ni dans les jambes. Vers cette époque apparut une rigidité passagère des deux membres inférieurs avec une exagéralion des réflexes et de l’excitabilité musculaire dans les bras et les jambes. Cet état persista el existe encore aujourd hui à un dertain degré.
Ainsi la maladie s’aggravait tous les jours, et était regardée comme un mal de Poit suivant une marche tout à fait chronique, contre lequel le repos et le temps seuls pouvaient quelque chose. Parmi les symptomes observés pendant l’année suivante (septembre 1887 à 1888), on remarqua de temps en temps de l’aphonie, bien que l'examen du larynx ne révélàt aucune lésion; dela sensibilité dans la région inguinale des deux côtés; de la rétention d'urine une ou deux fois, mais jamais d'incontinence ; une céphalagie intense et persistante. Durant toute cette période la température dépassa rarement la normale. L’amaigrissement augmentait de plus en plus, donnant lieu à une apparence de gibbosité, surtout à la région cervicale. Dès lors, vers la fin de 1888 on lui appliqua un corset de Sayre.
Au mois de septembre de la même année, deux nouveaux symplôines apparurent : un strabisme interne passager et une diplopie monoculaire. Ces symptômes firent naître les premiers doutes sur l’exactitude du diagnostie primitif.
En octobre 1838, la malade eut une violente attaque de nerfs ; une
autre en février 1889, dans laquelle elle poussa des cris, fit des scènes de violence et menaça de se suicider. Elle faisait le tour de la salle d'hôpital un lisonnier à la main. Son agitation devint telle qu’on fut obligé de la faire passer dans un service d’aliénés. La raison lui revint bientôt et elle rentra dans la salle le 9 février 1889.
À son retour, la douleur et l’hyperesthésie existaient encore, l’amaigrissement élait extrême. La douleur n’était nullement proportionnée à la force de la percussion sur les apophyses épineuses ; de plus, elle était diffuse tout le long de la colonne vertébrale. A cette époque il y avait très peu de rigidité. Hyperesthésie sur tout le côté droit du corps, douleur à la pression de l’ovaire très marquée des deux côtés et diminution du champ visuel moins considérable cependant que la première fois. Tout cela suffisait bien pour justifier un autre traitement, Dès lors l'appareil fut enlevé; on isola la malade, on lui ordonna de se lever et on la soumit à un régime réconfortant. On lui fit du massage de tous les muscles du dos. Pendant le premier mois elle gagna huit livres, et elie peut maintenant (avril 1889) cirer le plancher de la salle sans inconvénient. La douleur et la sensibilité de la colonne vertébrale persistent encore avec une intensité beaucoup moindre ; mais elle se porte très bien de toute façon. La proéminence apparente des apophyses épineuses disparaît à mesure que les muscles des gouttières veriébrales reprennent
leur volume normal.
OBserRvATION VIL
(Reckitt. The Lancet, 15 janvier 1881, T. 1., p. 101)
Alice D..., âgée de 22 ans, femme de chambre, s’est présentée pour la première fois le 20 mai 4878. Deux ans auparavant, elle avait reçu, en tombant, un coup à la région dorsale. Elle avait toujours joui jusque-là d’une excellente santé. Elle fut soignée chez elle tout d’abord et garda le lit. Elle avait conservé toutes les apparences d’une santé parfaite, mais présentait cependant une certaine expression de mélancolie. Elle avait été traitée ainsi chez elle et dans un hôpital pour ce qu’elle
appelait une maladie de la moëlle épinière. On lui avait appliqué des , 5
vésicaloires sur la colonne vertébrale, puis diverses pommades, et cnfin on lui avait fait prendre des béquilles ; le tout sans résultat. On soupçonna dès lors qu’il s'agissait d’une affection hystérique ; on interrogca la malade à ce point de vue. Elle déclara qu’elle avait des douleurs un peu partout et jusqu’à l'extrémité des doigts. Hlle n’avait pas pu marcher pendant plusieurs mois; mais avait toujours conservé un assez bon appétit. Elle dormait mal et avait souvent des maux de tête violents. Sa mère, très compatissante, s’apitoyait sans cesse sur son sort et la plaignait beaucoup. On se détermina alors à faire des applications avec le cautère actuel et on affirma à la malade qu’elle marcherait dans deux mois.
Le 25 mai on fit six applications de haut en bas, trois de chaque côté dans les gouttières vertébrales, en commençant au niveau dans la région dorsale. La malade ressentit une grande douleur et faillit s'évanouir. Il fut décidéqu’on recommencerait au bout de huit jours, s’il n’y avait aucune contre-indication.
Le ? juin la malade était très déprimée, elle redoutait beaucoup une nouvelle application. On attendit huit jours. La semaine suivante, on fit six applications de chaque côté de la colonne, et au-dessous des précédentes. On lui ordonna de se lever.
Le 16 juin, la malade se senlit un peu mieux; elle avait encore quelque douleur et de la céphalalgie. On lui fit faire quelques pas en la soutenant.
Le 93 juin, elle déclara qu’elle constatait une lente amélioration dans son élat. On lui dit qu’il serait probablement nécessaire de faire une nouvelle application de pointes de feu.
Le 7 juillet, elle descendit quelques marches et marcha un peu en étant soutenue.
Le 20 août, elle se présenta à l'hôpital. Elle avait parcouru une distance d'environ 600 mètres avec l’aide de sa sœur. Elle était beaucoup mieux el marchait facilement.
Le 30 août, l'amélioration était telle que la malade se trouvait complèlement guérie.