‹ Pseudo-Mal De Pott:Chapitre 16 sur 27 · PR · texte numérisé non relu

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OBsEerRvATION VIIL

(Due à l'obligeance de M. le professeur-agrégé Weill

J. D..., 14 ans, entrée à l'hôpital de la Charité le 19 novembre 1893.

Mère morte d’une lésion cardiaque, père en bonne santé. Deux frères et une sœur bien porlants, la malade n’en a jamais perdu.

Coqueluche à 2 ans, rougeole à trois. Depuis, la malade s’est toujours bien portée; elle n’est pas encore réglée.

A son entrée à l'hôpital, dothienentérie qui a duré 28 jours. Pendant celle maladie, pas de manifestations nerveuses ; ni délire, ni ataxie, ni adynamie, pas de convulsions, pas de crises.

Au moment de la convalescence (25 décembre 1893), la malade se plaint d’une douleur siégeant au niveau de la crête iliaque droite, un peu en arrière, dans un espace assez limité. La douleur n’est pas continue, survient seulement au moment de la marche ou quand la maiade fait des mouvements un peu brusques dans son lit. C’est une douleur constrictive et jamais lancinante, sans aucune irradiation dans la fesse ou le membre inférieur droit. Pas de gonflement au niveau de la région douloureuse. Pas de douleur dans les muscles à la pression. Pas d’ovaralgie. En cherchant les points de Valleix, on ne trouve qu’un point douloureux à la pression au niveau de la grande échancrure sciatique. Dans la station debout, au repos, l'attitude de la malade est la suivante : le corps repose sur le membre inférieur gauche, le membre inférieur droit est en flexion légère, le pied droit reposant un peu en avant du pied gauche et en équerre. Pas d’abaissement du pli fessier, l’épine iliaque du côté sain est un peu abaissée. Courbure vertébrale lombosacrée à concavilé tournée du côlé sain avec courbure de compensation de la région dorsale à concavilé tournée du côté malade. Pas de signe de Lasègue. Pendant la marche, le pied droit est nettement en équerre. La démarche est un peu raide sans claudication.

Un mois plus tard (27 janvier 1894), la malade a des douleurs très vives, lancinantes, qui se produisent dans les reins, dans les hanches,

autour de la taille et jusque dans les cuisses et les jambes; elles sont

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presque continues. Elle accuse souvent des crampes. Les mouvements spontanés sont très difficiles, elle immobilise sa colonne vertébrale. On ne constate cependant pas de douleur à la pression au niveau des lombes.

27 février. — Depuis le début, il y a eu des périodes de rémission très courtes. Douleurs en ceinture, irradiations douloureuses survenant plusieurs fois par jour.

Démarche avec renversement du tronc en arrière, raideur de la colonne vertébrale. Elle ne peut pas se baisser. Un point douloureux à la partie inférieure de la région lombaire. La douleur prédomine à gauche. On trouve de la douleur daus l’échancrure sciatique.

Lordose de la région dorso-lombaire très marquée. Une ligne tombant de la partie supérieure de la colonne ne touche pas la fesse et aboutit en dehors de la base de sustentation. Le signe de Lasègue existe du côté droit. Pas d’exagération des réflexes.

Sensibilité intacte, la force est conservée.

9 avril 1894. — Depuis une quinzaine de jours les douleurs ont totalement disparu. La marche se fait sans difficulté; elle a toujours la colonne vertébrale raidie dans la station debout. Le point douloureux à la pression à la partie inférieure de la région lombaire a disparu.

Un examen attentif permet de dire qu’il n'y a pas de stigmates d'hystérie, pas de troubles de la sensibilité, pas de crises de nerfs, pas de troubles de la miction.

30 novembre 1894. — La malade examinée ce jour, c’est-à-dire huit mois après sa sortie de l'hôpital, se présente dans l’état suivant :

De temps en temps, douleurs dans le dos, qui rayonnent jusqu'aux flancs et persistent durant quelques heures. La malade reste ensuite plusieurs jours sans ressentir aucune souffrance. C’est une douleur constrictive. La flexibilité du tronc est parfaite, ni gibbosité, ni douleur par la flexion. La démarche est un peu raide; mais la malade déclare s'être toujours tenue ainsi. Aucune impotence, la malade marche et court comme ses compagnes. Elle exerce le métier de lingère dans l’orphelinat où elle se trouve, elle fait assez souvent le ménage et passe toutes ses journées debout sans éprouver aucune fatigue.

Pas d’ovarie, pas de trouble de sensibilité. L'état général est

très bon.

OBsERvATION IX

(Due à l'obligeance de M. le Professeur Poncet)

Mal de Pott hystérique de la région cervicale. — Guérison remontant à 42 ans.

Au mois de mai 41889, entrait à la Croix-Rousse, dans le service de M. Poncet, salle Sainte-Catherine, une jeune fille de 19 ans, L. B..., qui présentait absolument tous les signes d’un mal de Pott cervical supérieur. La malade, indemne de toute tare tuberculeuse, faisait remonter à deux eu trois mois le début de la douleur et de la gêne fonctionnelle du cou. Malgré divers traitements employés, son état s'était progressivement aggravé, et lorsqu'elle entra dans le service de M. Poncet elle offrait les signes classiques du mal vertébral supérieur. Elle ne pouvait faire aucun mouvement avec la tête qui était maintenue fixe, immobile, par la contracture des muscles de la nuque, Les mouvements communiqués étaient également impossibles. La pression était particulièrement douloureuse au niveau de l'articulation atloïdo-axoïdienne et aussi au niveau des apophyses épincuses des vertèbres cervicales sous-jacentes. Il semblait, en outre, que l’on constatait un certain degré d’empâtement à la partie supérieure de la nuque. Cet empâtement pouvait être attribué, soit à un gonflement relevant de la lésion elle-même, soit encore à l'application de teinture d’iode, de révulsifs, de vésicatoires, qui avaient été appliqués Loco dolenti.

M. Poncet, dont l'attention n'avait pas encore été appelée sur'la variété de mal de Pott hystérique que nous décrivons, porta naturellement le diagnostic de tuberculose vertébrale. Il fit appliquer une minerve à cette malade et, plusieurs fois, pratiqua sur la région cervicale des pointes de feu. L'état général de L. B... élait satisfaisant. Il s'agissait, comme nous l'avons dit, d’une jeune fille très brune, dans les antécédents de laquelle on n'avait relevé aucune particularité pathologique.

La malade était en traitement dans le service, lorsque M. Poncet fit,

pendant les vacances, une absence de quelques mois qu'il passa en

ne

Amérique. À son retour, au mois d'octobre 1839, il demanda des nouvelles de la malade et recucillit, non sans étonnement, les renseignements que voici : peu de temps après son départ, vers les onze heures, minuit, elle appela la veilleuse du service, elle lui raconta qu’elle venait d’avoir une apparition et qu’elle était complètement guérie.

Le lendemain matin, son récit fut traité de folie par la religieuse du service, qui, l’'observant depuis plusieurs semaines, avait noté chez elle un certain degré d’exaltation. Quoiqu'il en fut, elle écait en effet guérie; elle exécutait avec le cou et la tête tous les mouvements et n’accusait plus aucune douleur, soit à la pression, soit pendant les mouvements. L. B.. quitta le service le surlendemain, et sa guérison instantanée s’ébruita bientôt non seulement à l'hôpital, mais dans toute la ville. Tandis que tout le personnel hospitalier, qui avait été en contact avec elle pendant longtemps, n’accordait aucune créance à ses paroles, une légende s'établissait bientôt au dehors, où elle passait pour avoir été guérie miraculeusement.

Au mois de janvier 41x93, M. Poncet examina chez lui cette jeune fille ; elle était venue lui demander un certificat attestant sa maladie antérieure et sa guérison. Il put alors constater qu’il ne restait plus aucune trace de contracture des muscles de la nuque, ni sensation douloureuse produite par la pression ou les mouvements. En un mot, cette jeune fille était radicalement guérie. Pendant longtemps son histoire a préoccupé l’opinion publique ; depuis lors, le silence s’est fait sur cette guérison et à l'hôpital de la Croix-Rousse, où nous nous sommes rendu pour avoir des renseignements sur L. B..., nous n'avons recueilli aucun fait nouveau digne d’intérêL.

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