SCÈNE ni
nous nous servons complémentairement,pour mener le monde, à notre manière... et à notre profit. Elles sont nos contingents et nos auxiliaires. Je vous dis qu'entre les défaillances de vos forces morales et le pourrissement de vos idéaux, nous faisons passer, nous introduisons la force Argent. Et quand nous l'aurons seuls, gare à vous !
M»*» D'AUVILLIERS, moqueuse.
Ah! Monsieur Jacob, que j'aime vous voir, aussi intrépidement,aussi effrontément Argentophile !
LARBALESTRIER.
Baronne, dites plutôt Argentomane. C'est une folie !
MICHEL, riant.
Une folie d'ambition alors. Mais, voyez :
si je suis un fou, mon argent d'abord empêchera qu'on m'enferme. On n'oserait pas ! Et si on osait, mon argent aurait vite fait de rouvrir les portes les mieux verrouillées : il n'y a pas de plus subtil serrurier, ni de plus puissant protecteur. «Il est trop riche pour être
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condamné », a dit du financier Penautier, complice sauvé de la Brinvilliers, le chevalier de Grammont. Je suis ferré sur l'histoire des financiers.
LARBALESTRIER.
Comme si on enfermait tous les fous ! On en séquestre quelques-uns, les moins dangereux, pour faire croire que ceux qui courent ne le sont pas.
MICHEL
Tant que vous voudrez ! Mais je persiste k proclamer quel' Argent estleperfectionnement moderne à l'extrême de l'extrémité du perfectionnement ! Et nous réglons notre vie làdessus, moi et mes frères en Israël. C'est la forme moderne de notre Foi Jéhovique (comiquement solennel) et de la prééminence que nous a promise l'Eternel, ce despote si gentiment partial en notre faveur. — Ami Larbalestrier, j'en ferai l'épreuve avec toi quand tu voudras.
LARBALESTRIER.
Comme si de toi à moi c'était facile detrouver des occasions d'épreuve! en cette matière surtout.