SCÈNE IV
LARBALESTRIER, s'ébrouant.
Eh bien I puisqu'il s'agit de vivre, allons à table. Cela n'interrompra rien. Au contraire : la pensée, comme l'amour, chauffe mieux quand y aident les mets et les coupes excitantes. Si Bacchus et Cérès stimulent Vénus,ils stimulent aussi Minerve. J'attendais Diana Pralaire et Chlorise, mais, \Taiment, elles tardent trop.
ERFEKSEN.
J'ai, tantôt, été saluer et remercier Madame Pralaire dans sa loge. Quand je l'ai quittée, elle n'avait pas encore commencé son déshabillage et son démaquillage. Elle était sur sa chaise longue, disant qu'elle voulait se reposer. Elle avait Mademoiselle Chlorise près d'elle, blottie comme une chatte.
MICHEL, gouailleur.
S'il en est ainsi, m'est avis qu'en effet nous ferons bien de ne pas différer davantage. (Avec une moue) L'attente pourrait être longue.
Larbalestrier offre le bras à Madame d'Auvilliers, Erfeksen à Irène. Larbalestrier prend place au fond, au milieu de la table, les deux dames à ses côtés.
LARBALESTRIER, désignant les places.
Monsieur Erfeksen, ici, à ma droite, à côté de Madame d'Auvilliers ; vous. Monsieur Cornélius, à côté de Madame Irène Girard. Michel, Korsor, Chabrevière, à votre guise.
On s'assied ; une place reste vide du côté de la rampe.
LARBALESTRIER, à Joséphin qui est arrivé à l'appel du timbre.
Joséphin, servez! Mesdames, Messieurs, permettez-moi le Benedicite, je veux dire la lecture du Menu. Des huîtres, (on n'y échappe pas en cette saison), mais de trois espèces pour satisfaire votre instinct de comparaison. Un consommé suivant les plus strictes préceptes