‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 41 sur 71 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M"« D AUVILLIERS.

Et notre pauvre petite âme, indestructible, elle, gît alors ou circule charriée et ballottée, dans le gigantesque courant de la vie universelle, captive du silence et de la nuit, sans se douter qu'elle a l'expectative d'être élue de nouveau pour un recommencement de...

comment dirais-je ?... (avec un accent ironique) de corporifîcation?

ERFEKSEN^ très discrètement.

Je le crois, je le suppose.

M™« d' AUVILLIERS.

Les Chrétiens disent plus simplement :

Rentrer dans le sein de Dieu. « Je crois à la résurrection de la chair et à la vie étemelle », ainsi finit le Credo.

KORSOR.

Ils ont même une date fixe, une échéance pour cette cérémonie : le Jugement dernier.

M"»' d' AUVILLIERS.

Ahl je tournoie quand je pense à tout cela. La Mort ! ses approches me font presque aussi peur que celles de la vieillesse...

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(Avec une gracieuse emphase) Et pourtant, malgré moi l'Infini me tourmente. — Je n'y saurais songer sans crainte et sans espoir, — Et quoiqu'on en ait dit, mon esprit s'épouvante, — De ne pas le comprendre et pourtant de le voir. — Ainsi pleurait Musset.

MICHEL

Dites : pleurnichait.

CHABREVIÈRE.

Lapremière application de la corporification eût été, d'après la vieille Bible sur laquelle les catholiques ont bâti leur religion comme une cathédrale sur des perches à haricots,la création d'Adam et Eve ?

KORSOR.

Opération peu réussie ; ce couple inattentif s'est mis incontinentà manger des pommes vénéneuses.

CORNÉLIUS

Du symbolisme ! Du symbolisme î On a émis l'idée que la fable de la Pomme serait l'emblème du premier usage fâcheux de boisson fermentée, de l'alcoolisme.

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