‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 5 sur 71 · SCÈNE I II · texte numérisé non relu

SCÈNE I II

IRÈNE

Et moi donc ! Ah ! l'ennui persécuteur de devoir toujours être à l'ordonnance ! Louise, il me passe par la cervelle une idée drôle... mais risquée.

M"» d'auvilliers.

Dis. Tu sais que j'aime tes incartades. Ne sommes nous pas de vieilles complices?

Eh bien! je pensais que... dans certaines grandes circonstances amoureuses... j'ai éprouvé autant de volupté à me sentir défaire le corset, pour avoir l'estomac libre que pour...

M"»' d'auvilliers, riant aux éclats.

Et moi aussi I (Sérieuse) Mais autre chose. Tu m'as semblé tantôt amère, quand tu parlais de notre fringant ami Larbalestrier et de la nouvelle proie qu'il guette : Diana Pralaire.

IRÈNE, mélancolique.

Mais oui. Je ne m'habitue pas à cette versatilité dans la sensualité. Tel que je le

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connais, ce n'est pas qu'il l'aime. Il la désire seulement, il veut la « déplier », la décacheter, comme il dit; c'est sa manière.

;[yjme d'AUVILLIERS.

C'est vrai qu'il nous traite en petits lapins dans sa chambre de vivisection pour voir comment ils se comportent quand on les fait souiBfrir. Avec lui on peut être maîtresse, maître jamais! (Rieuse) Bizarre cette curiosité de connaître les Femmes,surtoutdans un ordre de sensations spéciales.

IRÈNE

Jules Laforgue a dit de la volupté : Adorer de souffrants organes.

Labalestrier me fait penser aux gourmets qui ne mangent du poulet que les suprêmes. Ça n'est pas si bête.

IRÈNE

Pas bête, soit, mais agaçant, irritant. Oh ! cet amour vulgivague! Voyons, Louise, nous sommes devenues l'une et l'autre les maîtresses de ce séducteur héroïque et fantasque.

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