‹ Psukè; dialogue pour le théatre en un acte et neuf scènes. FrontChapitre 64 sur 71 · SCÈNE vn · texte numérisé non relu

SCÈNE vn

DIANA PR AL AIRE (Sapho).

Ohl douceur de croire qu'en sa vie présente on est une renaissance, une rose nouvelle fleurissante, analogue en ses couleurs et ses parfums à une rose depuis longtemps fanée et qui s'est évanouie! Oh! douceur aussi, quand viendra la Mort, de penser qu'elle n'est qu'un prélude et qu'on revivra, plus vivante peut-être, plus fraîche, plus belle, plus séduisante... et plus amoureuse.

CHLORISE (Chloé), inspirée.

Au moment de la mort, c'est d'abord une marche au hasard en de pénibles circuits, au sein de l'obscurité, sur une route sans fin. On frissonne, on tremble. Mais, ensuite, une lumière merveilleuse éclate aux regards ; on est transporté dans des bosquets enchantés et des prairies où l'on entend des paroles sacrées, où retentissent des chants, où se déroulent des danses. Ainsi, dans la Grèce élégante et majestueuse, comprenait-on la Vie future.

MICHEL (Caïphe), farouche.

Et voici comment on la comprend dans la Judée sombre : Un dédoublement de la

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personne humaine; une ombre, une figure pâle et livide se détachant du corps et qui, après la mort, descend sous terre, et là, dans des salles crépusculaires, mène une vie triste et morne, sans conscience, sans lumière, abandonnée de tous.

KORSOR (Jérôme Bosch).

Le corps est un masque qu'arrache la mort. Célébrer des funérailles, c'est fêter la fin d'un carnaval, c'est porter en terre les oripeaux du déguisement. La Grimace cesse et la Vie pure commence.

Silence. — Le tableau du fond s'évanouit lentement, tandis que les bougies se ravivent et que reparaît la première table.

La musique cesse. — Larbalestrier se lève.

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