‹ PsychéChapitre 34 sur 128 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

bien cruel d'envier à deux personnes qui n'en peuvent plus la satisfaction de me voir. Si les bonnes gens vivent encore, ils ne sçauroient estre fort éloignez du dernier moment de leur course. Quelle consolation pour eux que d'apprendre combien je suis pourveuë richement , et si , avant que d'entrer dans la tombe , ils voyoient au moins un échantillon des douceurs et des avantages dont je jouis, afin d'en emporter quelque souvenir chez les morts! Mais, si ce sont eux, pourquoy mon mary se met-il en peine ? Ils ne m'ont jamais inspiré que l'obeyssance. Vous verrez que ce sont mes sœurs. Il ne doit pas non plus les appréhender; les pauvres femmes n'ont autre soin que de contenter leurs maris. O dieux! je serois ravie de les mener en tous les endroits de ce beau séjour, et sur tout de leur faire voir la comédie et ma garderobe. Elles doivent avoir des enfans, si la mort ne les a privées, depuis mon départ, de ces doux fruits de leur mariage : qu'elles seroient aises de leur reporter mille menus affiquets et joyaux de prix dont je ne tiens compte, et que les

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