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Ce que vous m'avez dit dans vos deuHSy dans vos fêtes^
Ce que vous m'avez dit même au fort des tempêtes^ .
Ce que l'onde, et la feuille^ et les oiseaux des bois.
Et son cœur, me chantaient avec toutes leuw voi:^.
Ce que je veux redire en paroles sans nonobre, •
C'est qu'au sein du grand tout le mal n'est rien qu'une ombre^
Qu'il sera par l'amour à jamais efïacé.
Oui, le mal finira, car il a commence ;
Oui, l'être est bon, oui, tout doit bénir l'existence ;
Le bien seul est réel, le bien seul est substance ;
Et, sans cesse agrandi, chaque être doit, un jour.
De l'amour émané^ retourner dans l'amour!
Sous l'œil de Dieu, perdus au fond des solitudes. Et des plantes faisant nos charmantes études. Par l'attrait du désert sur les sommets conduits. Tout l'été nous passions les jours, souvent les nuits,^ Mais sitôt que le froid dépouillait les collines. Et refoulait la sève au profond des racines.
De son chaume Hermia ne passait plus le seuU, Objet d'étonnementpour nous tous, et de deuil. Se cachant même aux siens, et comme enveloppée Dans le sommeil pesant dont l'hiver l'a frappée. Une blancheur de neige avait glacé son teint ; Comme l'azur des fiots que la gelée éteint.
Ses grands yeux sans rayons, et d'où Fâme s'absente. Perdaient leur profondeur lumineuse et vivante. Son souffle et sa parole, enchaînés et taris. N'embaument plus sa lèvre où meurt son fin souris; La mauve, ouvrant sa feuille avec mélancolie. Remplace le corail de sa bouche pâlie ; Et, tel que le soleil enfui sur d'autres bords. Son esprit semble avoir abandonné son corps.
Tant que dure l'hiver on la voit, morne et sombre. Au foyer qu'elle attriste assise comme une ombre.
Dormiez-vous tout ce temps d'une étrange sommeil ?
Votre esprit T3uivait-il les courses du soleil ?
Peut-être il descendait dans ces grottes profondes
Où rhiver enfouit les sèves et les ondes.
Là, du gouffre divin où tous les éléments
Confondus en un seul bouillonnent écumants.
Sous l'effort de l'amour excitant la puissance
Vous avez vu jaillir la divine substance,
Se répandre à grands flots en des moules divers
Cet unique métal dont est fait l'univers.
Et compris par quel art la force intelligente '
Varie à l'infini cette unité changeante ;
Conunent tour à tour onde, oiseau, granit, ou fleur.
Elle sait combiner la forme et la coiileur.
A vos yeux, dans chacun des grands sillons de l'être. Les graines se triaient pour les moissons à naître. Vous saviez quel rocher ferait jaillir des flots. Combien chaque buisson verrait de nids éclos. Et de toutes les fleurs que le printemps nous donne. Ce qui nous resterait de fruits mûrs pour l'automne. Tous ces germes confus, qu'enchaînent les frimas. En attendant leur jour, sont-ils oisifs là-bas ? Dans l'ombre préludant au concert qui doit suivre, Dé^ bourdonnent-ils, impatients de vivre?
Car, dans tous ses degrés, et jusqu'au noir chaos. L'immortelle nature ignore le repos :
Dans l'espace sans borne où Dieu la fait s'étendre. Elle détruit sans cesse, et toujours elle engendre Et partout, dans son sein, ton âme, en s'abîmant, A trouvé, n'est-ce pas, réternei mouvement ?
f7i ODES
Tu nous raconteras tes merveilleux voyages
Dans les flancs de la terre et dans ceux des nuages.
Le peuple des esprits, sur la brume bercé^
Dans sa langue, avec toi, n'a-t-il pas conversé?
Les ombres t'ont guidé sm* leurs grèves funèbres ;
Tu sais ce que la mort couve dans ses ténèbres.
Tu connais la cité des rêves, leurs travaux;
Tu vis, avec les fils de leurs mille écheveaux, ^
Leurs doigts industrieux tresser les broderies
Dont le sommeil déroule à nos yeux les féeries.
Dans leurs champs nébuleux quelles fleurs cueillent-ils.
Pour en tirer ces sucs et ces philtres subtils
Qui, versés par les airs de leur urne d'ivoire,
Font certains jours chargés de vague et d'humeur noire ?
Créant, à notre insu, dans nos cœurs agités.
L'aversion sans cause ou les affinités.
Quelle main lie et rompt ces invisibles trames
Qui, du premier regard, unissent quelques âmes?
Car dans tous ces secrets lu lis à découvert
Sur ce pâle rivage où t'emporte l'hiver.
Mais ne montais-tu pas vers la sphère meilleure Que le soleil de vie enveloppe à toute heure. Dans un globe encor pur et dont les habitants Portent au fond du cœur un éternel printemps. Dans un de ces palais où l'âme se repose.
Quand l'idéal l'attire et la métamorphose.
Quand, reine après la lutte où le mal est dompté. Elle dépose eii Dieu sa libre volonté.
Et que, prêt à s'unir atec sa créature, Pour l'inefifable hymen Dieu la juge assez pure?
Or, sous un soleil libre, au désert, chaque été. Mon amour grandissait ainsi que sa beauté.
Excité par les feux de l'ardente jeunesse, Pour la femme souvent j'oubliais la prêtresse, . Et des secrets divins le grave enseignement Pour le tendre sourire et les propos d'amant. Mais elle, près de moi sans désirs et sans crainte. Me rendait d'une sœur l'amitié calme et sainte. Et cette sympathie étrange dont les fleurs, Les oiseaux et moi seul partagions les douceurs. Elle m'aimait ainsi que menthes et verveines, Lilas avec son souffle échangeant leurs haleines. Cerfs et lévriers dans l'herbe à ses pieds accroupis. Et ramiers à sa main becquetant les épis.
Pour chaque être c'était une affection pure.
Allant des fleurs à moi, sans changer de nature ; Car la jeune sibylle au mystique savoir.
Par qui Dieu même en tout se laisse percevoir. Dont FœU voit, à travers la roche et les écorces, Des éléments sacrés se pondérer les forces.
Dont la main, s'empai'ant des fluides vitaux. En fait couler Teffluve au sein des végétaux. Elle, qui sent germer et prédit toute chose.
Ignore le tourment des désirs qu'eUe cause.
Et, pleine de candeur en ses rêves puissants, N'a jamais soupçonné le trouble de mes sens.
Elle avait avec moi l'abandon de cet âge
Où, semblables tous deux de taille et de visage.
Et de même vêlus^ l'un près de l'dutre assis^ Nos longs cheveux laissaient nos sexes indécis. Des forêts, sur mes pas, elle affrontait les ombres ; Sur les fleurs en amour, au. bord des grottes sombres, A rheure où midi vient chargé de voluptés, D'un paisible sommeil dormait à mes côtés.
Dans ma barque entraînée, elle suivait son rêve Sans jeter, inquiète, un regard vers la grève; Chaste couple, flottant étroitement imi, Ck)mme deux alcyons seuls dans le même nid.
Et quand de mes soupirs, de mes airs de tristesse, La plainte répétée alarmait sa tendresse.
Étonnée, et croyant à quelque mal soudain.
Et des larmes aux yeux, et me prenant la main, EUe m'interrogeait : a Est-ce lecorps ou l'âme? Pour tous deux le soleil vei*se un puissant dictame. Le printemps ne peut rien, ami, sur vos douleurs? Dites où vous souff'rez. Les arbres sont en fleurs. L'air embaume, fes flots chantent, le ciel rayonne ; Les hommes sont bien loin, et Dieu nous environne. Et vous êtes mon frère, et nous sommes tous deux : Que vous faut-il de plus, ami, pour être heureux? » Et moi, plus ivre encore, et par tant d'innocence Troublé, je l'accusais de froide indifférence. Et parlais de bonheurs inconnus, et qu'un jour Je voudrais être enfin aimé d'un autre amom*. Elle : « Entre Dieu, ce monde et tous ceux que l'on aime. L'amour est divisé; mais c'est toujours le même. Comment désirer plus, et pourquoi me blâmer?
Est-il dans votre cœur deux manières.d'aimer? J'aime de cet amour dont les plantes nouvelles Chérissent le soleil, et s'unissent entre eUes, Que les flots caressants ont pour les grands roseaux, Qu'avec l'ombre et les fleurs échangent les oiseaux.
Dont le souffle éternel, courant d'un pôle à l'autre, Vient effleurer toute âme, et ftiit chanter la vôtre. Ce que Dieu m'a donné de sa vie en m'aimant.
Moi je le rends à tous, quoique inégalement; Et vous qui vous plaignez, vous n'avez de rivale Que ma mère : sa part à la vôtre est égale. »
Et, pour un jour encor, j'enchaînais dans mon sein Des profanes désirs le turbulent essaim.
Un matin, du printemps les effluves errantes Sur les sens réveillés tombaient pins pénétrantes; Des gouttes de cristal,»scintillant sur les prés. Les avides rayons s'étaient désaltérés ; Un zéphir déjà tiède, entr'ouvrant les calices. Dès Taube avait des fleurs savouré les prémices. Et s'envolait, chargé de féconde» senteurs; La terre tressaillait dans ses flancs créateurs ; La nature exhalait comme un trop plein de vie. Et d'aimer avec l'air on respirait l'envie.
Elle et moi, nous glissions sur le lac flamboyant Qu'embrase au loin le feu dardé de l'Orient; L'eau, de ses vifs reflets empourprant la nacelle, Sous la lame éclatante en flots d'or étincelle ; Ivres des fleurs, de l'air, de toutes ces splendeurs. Du monde rajeuni partageant les ardeurs.
Vers les pieds sinueux de ces monts où nous sommes. Nous allions adorer le printemps , loin des hommes.
Notre barque attachée à cet aune encor vert.
Pour gravir les hauts lieux et trouver le désert. Nous marchons par les prés tout blancs de marguerites. Dans les gazons touCfus mille fleurs plus petites Tentaient de soulever leur front pâle ou vermeil. Pour prendre aussi leur part des baisers du soleil.
Dans la vigne, où déjà les feuilles sont écloises, Où les pêchers hier ont répandu leurs roses, La violette abonde et la pervenche aux pieds Des ceps sur la lisière aux ormeaux appuyés; Et plus haut, des vergers où fitiit la culture La neige des pommiers argenté la ceinture.
Déjà, dans la bruyère et dans les genêts d'or, Les taillis clair-semés, et nous montons encor.
Bientôt, de cette grotte aujourd'hui consacrée. Légers et souriant, nous atteignons l'entrée. Un soleil plus précoce et de plus Uèdes eaux Hâtent daiis ce doux lieu les fleurs et les rameaux ; La paix féconde y règne et mai vient d*y conduire Tous les êtres pressés d'aimer et de produire ; Le gazon en fourmille, et tout chargé de nids Chaque arbre offre au printemps des hymnes infinis ; Des baisers de l'époux la tene au loin s'enivre. Levant au ciel son front plein de bonheur de vivre> Belle à faire descendre un dieu pour l'écouter, La Vierge alors s'arrête et se prend à chanter :
(( Soleil, ô créateur ! la terre te salue; L'être coule de toi, l'être vers toi reflue; Le monde épanoui sous tes yeux bienfaisants Vient t'offrir un tribut riche de tes présents. Avec toutes leurs fleurs les prés joyeux te louent, L'arbre avec ses rameaux où mille voix se jouent, L'onde avec la splendeur des torrents irisés, La nue avec ses flancs de ta pourpre embrasés. L'esprit de toute chose à tes flammes s'envole. L'herbe avec ses parfums, l'homme avec sa parole, Et tous avec la vie, et tous avec l'amour.
Tous t'adorent, ô Dieu qui nous fis ce beau jour. La forme te sourit, marbre, écorce ou plumage,
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Pour toi dans l'univers la forme est un hommage; En des tons variés, sur les flots et les fleurs Chante ei| te célébrant le concert des couleurs. De leur plus pur encens les âme§ et les roses Chargent tes doux rayons dont elles sont éçjpsps, Et chaque atome d'air se balance, apimé Du rhythme par ton souffle à son aile imprimé.
» Car c'est ta flamme, ô roi I qui meut tout, et qui verse
Au sein du froid «chaos la vie une et diverse.
C'est toi qui donnas l'âme aux éléments grossiers;
Tu fais caorir la sève en fleuves nourriciers;
Chacun de tes regards jette à la terre avide
Et lumière et chaleur en un même fluide.
L'arôme intérieur dans tout objet caché.
Ne saurait en jaUlir, si tu ne Tas touché ;
Sans toi pas d'œfl qui voie et pas de cœur qui sente ;
Tout se renferme en soi quand ton rayon s'absente;
Et ces esprits féconds qui se cherchaient entre eux
Rentrent dans un repos stérile et ténébreux.
Mais, égal en ta course, autour.de tes domaines,
Vigflant et paisible, ô roi! tu te promènes.
Jetant du haut d'un char à ton peuple indigent,
Sans t'appauvrir jamais, des flots d'or et d'argent ;
Et la terre, à ta suite, amasse une étincelle
De ces chaudes clartés dont ta face ruisselle.
» Pour toi l'ombre n'a pas d'infranchisçable seuil; De flots ou de granit tu perces son linceul; Tu fais dans la montagne aux entraiUes de pierre Germer les diamants d'un grain de ta lumière; Sous le noir Océan une perle qui luit Nous atteste un rayon déposé dans sa nuit.
Seul tu peux traverser de tes flèches de flammes La triple obscurité qui recouvre nos âmesk
Dans les détours du cœur^ comme en ceux des vallons» Tu parais^ et les blés jaillissent des sillons^ L'eau coule des rochers, les nids se font entendre, La feuille printanière exhale une odeur tendre. Et l'homme tout entier est rempli d'un doux feu Qu'il répand siur chaque être et qui remonte à Dieul
» Père de la beauté, toi seul nous la révèles; Dans ton sein créateur tu portes ses modèles. C'est par toi qu'au désir l'intelligence naît. Roi sage et lumineux, par toi qu'elle connaît. C'est toi qui fais sortir tout être de lui-même. Et de chacun à tous fais le lien suprême; Tout s'ouvre, et tout se mêle, à ta sainte chaleur; père de l'amour ! tu fais vivre le cœur.
-Sans toi la nuit, le doute, et les terreurs funèbres, Et rimmobilité dans le froid des ténèbres.
Et l'esprit infécond dans son isolement :
Par toi l'espoir, la foi, l'épanouissement.
Et le ciel en largesse, et la terre en prière. Et la communion au sein de la lumière!
» Mais, dis-moi, tous ces dons versés à pleines mains,
La vie à la nature et la vie aux humains.
Ces effluves d'amour en qui flottent les mondes,
Où les vas-tu puiser, toi qui nous en inondes?
Quand tes feux sont taris, pour les renouveler
Quelle âme plus divine en toi sens-tu couler?
Mais il donne sans perdre, et de sa propre essence
Tire éternellement les rayons qu'il nous lance;
Ce n'est pas un flambeau prêt à s'évaporer;
Il n'a rien de mortel, et je puis l'adorer!
Non, ce torrent de vie animant tout l'espace,
Ce n'est pas dans Tazur un globe en feu qui passe;
Sa lumière qui luit et qui crée en tout lieu.
C'est ton regard lui-même et ton verbe, ô mon Dieu!
» Répands, répands, ô toi par qui le printemps règne I
Cet or fluide et tiède où la terre se baigne.
Dont tout être vivant s'imprègne et se nourrit;
Enveloppe-nous tous, ô radieux esprit!
Cest ton heure, ô soleil ! les plantes et les âmes
S'ouvrent de toutes parts pour absorber tes flammes ;
Toute écorce est gonflée, et toute sève boul;
Mêlée à tes rayons, la vie entre partout.
vie! ô douce vie! oh! qu'il est heureux d'être
Quand de ses longs baisers le soleil nous pénètre!
Au sein des prés fumants, sous cet azur serein.
Des choses qu'il est doux d'aspirer le trop plein,
Et ce double courant d'haleine ardente et pure
Qu'avec le Créateur échange la nature î
Souffle amoureux, parfums de la terre exhalés,
Passez en moi, mon cœur s'élance où vous allez î
Chaste fluidité de l'eau qui s'évapore.
Frémissement de l'air et du rameau sonore.
Embrasement des pics par la neige blanchis.
Rayonnement des flots dans mes yeux réfléchis,
Ame avec qui je sens mon âme correspondre.
Nature, viens à moi tHmir et te confondre î
Je te dois, ô désert chaque jour visité.
Ce que j'ai de lumière et de sérénité ;
Par toi de l'infini l'image m'est connue,
Et la divinité dans mon cœur s'insinue.
Mais, ô forêts I ô brise ! ô fleurs I à votre tour.
Recevez, recevez mon souffle et mon amour.
De ma bouche reçois les rumeurs embaumées
En verbe intelligent dans mon seia transformées,
nature ! et, mêlés dans le père coiJthiun,