‹ Psyché: poëmeChapitre 16 sur 52 · LES LIONS · texte numérisé non relu

LES LIONS

11 est des jours, la proie étant grasse et nombreuse, La lionne à nos pieds rugissant amoureuse.

Et nous devant un antre assis, l'œil grand ouvert, Un vertige nous vient sur le vent du désert; Et comme pour y suivre une chasse inconnue.

Sur la montagne ombreuse ou sur la plaine nue, Nous courons, inquiets, hérissés et tremblants ; Un aiguillon secret s'enfonce dans nos flancs ; Comme si l'horizon qui brille et qui flamboie De son immensité nous destinait la proie.

l'océan.

Le chœur universel, de Fastre à la fourmi, reine! à tes regards paraît donc endormi; Nul espoir ne l'émeut, et la torpeur enchaîne Cet aveugle troupeau sans désir et sans haine!...

Ah ! tu ne vois donc pas vers un but ignoré.

Mais qu'il aime pourtant, chaque flot attiré?

La fliamme du désir dans les flots même habite.

Tu n'as donc pas compris mon grand sein qui palpite.

Et tordus de douleui*, mes bras ambitieux

Comme ceux des Titans se dressant vers les cieux?

Le désir, le désir est au fond de chaque être. De la création l'amour est le seul maître.

L'amour qui nous défend de FifainobilUé!

Le plus voisin du but est le plus agité.

' Après sa cbute^ ainsi, plus la terre est prochaine. Plus rapide y descend le gland tombé du chêne.

L'époux vient, il est proche, ô reine 1 et c'est pourquoi Le désir qu'il allume est si brûlant chez toi. D'un dieu, d*un dieu puissant, ô Vamaute! ô l'élue I , Pour ton bonheur certain, reine^ je te salue!

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