STRUCTURE ET CONNEXIONS DU CERVEAU
L'écorce du cerveau présente une structure facile à saisir sur une face de brisure comme on lit la structure d'un cristal sur un éclat. On y voit une structure fibrillaire à deux directions.
D'abord, du sommet de chaque circonvolution (abstraction faite des vaisseaux qui sont radiés) partent des fibres rayonnantes qui pénètrent dans la substance médullaire des circonvolutions, et de là, dans la masse blanche du cerveau antérieur dont une large coupe découvre le medutillium ou centre semi-ovale de Vienssens. Ces fibres rayonnantes viennent jusqu'à la substance corticale. L'écorce cérébrale est étendue sur les sommets comme un revêtement en forme d'U renversé et dans les sillons en forme d'U redressé (monts et vallées). Du sommet des plis les fibres pénètrent parallèlement aux fibres rayonnantes de la substance médullaire hémisphérique. En second lieu, dans les sillons, la substance médullaire sous-jacente est formée de fibres à direction spéciale, fibres arquées ou fibres propres (fibrae propriae). Si donc on enlève l'écorce, si on arrache le revêtement en U des sillons, on atteint une surface unie, chose absolument irréalisable sur les sommets des plis d'où partent les nombreux prolongements de l'écorce, les fibres rayonnantes. On se persuaderait, à tort, qu'aucune fibre rayonnante n'émane des sillons. En fait, il n'y a ici qu'une illusion créée par le nombre considérable des fibres arquées. Le recouvrement cortical des sillons enlevé, reste une gouttière lisse qui, comme on s'en persuade à un examen attentif, est formée de fibres arquées en U. Cette gouttière, qui, par la disparition de l'écorce, est plus large que les sillons, ressemble à la moitié d'un canon de fusil formé d'anneaux de fils superposés. La surface unie est en proportion des plus longues scissures comme des formations les plus courtes; en tout endroit, pour chaque profondeur, on distingue des sillons primaires, secondaires et tertiaires. (Les fig. 18 et 21 montrent très fidèlement la structure des vallées et leur face de brisure en U). Les sillons et leurs coupes en U sont de chaque côté enfermés par des fibres rayonnantes. Cependant ce mode de préparation ne laisse pas voir l'entrelacement des fibres rayonnantes pour
arriver à Técorce des vallées (ce que Henle nie, à tort). Par contre, on se rend compte de la part que prennent les fibres propres à la formation des sommets. Les fibres arquées de l'écorce n'ont pas seulement le court trajet entre deux circonvolutions voisines, mais elles prennent aussi une plus longue étendue; ainsi elles sautent une, ou deux, ou trois circonvolutions, même un grand nombre, réunissant deux plis éloignés en passant sous des circonvolutions déjà réunies entre elles. Les fibres propres les plus courtes sont placées près de l'écorce, les plus longues sont les plus profondes, éloignées de fécorce par des fibres propres dont la longueur augmente de la surface à la profondeur. Les fibres arquées se divisent en courtes et longues par leur aspect ; les plus courtes se reconnaissent facilement par leur forme en U et parce qu'elles fournissent une paroi immédiate à un sillon. Au contraire, les fibres longues ont d'autres directions indiquées, et par la forme générale de la surface du cerveau antérieure et par des coupes plus étendues le long de leurs trajets. Le caractère essentiel, distinctif de ces fibres est d'avoir leur origine et leur fin dans l'écorce. Au contraire, les fibres rayonnantes, en général, ont une extrémité à fécorce, l'autre, dans un noyau gris, par exemple, un ganglion de la souche. Ce ne sont plus des fibres propres ; dans leur trajet ces fibres rayonnantes projettent la surface corticale sur chaque plan idéal, artificiel, placé sous le cerveau antérieur, et cette projection est d'autant plus complète que le plan imaginé est placé plus haut. Je nomme pour cela les masses fasciculées qui n'ont à fécorce qu'une extrémité d'origine, faisceaux de projection. Cette dénomination est aussi justifiée quand on considère la direction de leur trajet. Si nous nous imaginons le système nerveux complet de l'homme dans lequel les troncs nerveux et leurs rameaux forment l'image de tous les organes du corps, alors mutatis mutandis, l'écorce cérébrale, est le champ sur lequel se projette, par les nerfs, le corps entier.
Les faisceaux propres se laissent difficilement distinguer par des dénominations spéciales qui, d'ailleurs ne conviennent pas à la totalité de ces formations. Les masses des fibres arquées ont bien une limite à la concavité de leur trajet, mais en glissant
SURFACE nu CERVEAU. 43
tangentiellement à la convexité des arcs, elles se placent dans l'ordre de leur longueur, à la suite des plus courtes fibres et par leur intermédiaire, sous le recouvrement cortical des vallées. Cette restriction faite, on doit distinguer : 1° le CingiUum (Burdacli), système des fibres longitudinales sous-jacent, à la circonvolution de l'ourlet, moelle de fourlet. 2° Le faisceau longitudinal supérieur ou arqué (Biirdach, Aniold), et '5° Le faisceau unciforme.
Le Cingulum, moelle de l'ourlet, entoure le corps calleux (fig. 18c.) Au-dessus se trouve une large vallée, après l'enlèvement de l'écorce du sillon calloso-marginal. Sa substance médullaire — ce qu'on voit surtout bien à l'extrémité frontale — se termine au cingulum, de même les faisceaux propres, plus longs et plus courts du gyrus fornicatus qui recouvre le cingulum, de même aussi les circonvolutions supérieures frontales et temporales qui entourent le gyrus.
Si la circonvolution en crochet n'est que la continuation du gyrus fornicatus, il y a aussi continuité entre les faisceaux médullaires superficiels de la circonvolution de l'ourlet. Le plus inférieur des faisceaux du cingulum, appuyé sur le corps calleux — Nervus Lancisii — dont nous avons mentionné la particularité de fournir un recouvrement médullaire (substantia reticularis) à l'écorce, réunit la corne d'Ammon et le lobe olfactif par le plus long trajet possible.
Après que le cingulum a fourni un revêtement médullaire à la vallée calloso-maginale et des fibres courtes et longues, médiates et immédiates pour réunir toutes les circonvolutions jusqu'au bord hémisphérique, ses faisceaux arrivent, sous le splenium, à ces fibres propres sur lesquelles est placée avec ses fibres arquées la vallée profonde du sillon occipital et de la scissure calcarine. Ces fibres arquées unissent le cingulum et le lobe lingual.
La moitié postérieure du sillon occipito-temporal supérieur, montre, après l'enlèvement de l'écorce, une vallée formée de fibres arquées qui se recourbent du lobe lingual dans le lobe fusiforme. Mais dans la moitié antérieure de cette vallée les fibres propres se rendent de la circonvolution en crochet au lobe lin-
gual. Dans cette partie, la branche supérieure des faisceaux en U descend de haut en bas et est très longue parce que les fais-
FiG. 18.
Arrachement de Vécorce et de la siibstance inédullaire de la face médiane du cerveau.
Fr, Tp, Occ, Extrémités frontale temporale et région occipitale. Tr, Corps calleux. ce, Cingulum. As, Fibres propres. R, Ecorce. bi, Faisceau basai interne (Burdach) Li, Faisceau longitudinal inférieur. Olf, Lobe olfactif. La, Substance perforée antérieure, ca. Commissure antérieure, une, Crochet. Sp, Cloison transparente. Th, Couche optique, fd. Pilier descendant, m, Corps mamillaire. fa. Pilier ascendant. Q, Corps quadrijumeaux. A, Aqueduc de sylvius. P, Pulvinar. Gi, Corps genouillé interne. T, Calotte. Pd, Etage inférieur ou pied. St i. Racine interne de la couche optique. Lp, Faisceau longitudinal postérieur, co, Glande pinéale. Au dessus de^co. Commissure postérieure.
ceaux proviennent encore des fibres du cingulum. Le faisceau basai interne ou faisceau fondamental interne de Burdach court dans l'axe du lobe lingual (fig. 18 bi) vers la circonvolution en crochet comme un cordon rétréci par un effeuillement latéral et apparemment est uniquement formé de fibres arquées. Le cordon médullaire du lobe fusiforme nommé faisceau longitudinal inférieur parce qu'il laisse échapper de longues fibres arquées, renferment des fibres propres qui courent les unes transversalement, les autres longitudinalement et forment avec ceux-ci dans toute la longueur de la troisième circonvolution temporale le sol, le fond de la vallée du sulcus occipito-tempo-
ralis inferior. Cependant on verra plus tard que le lobe fusiforme reçoit une portion connue du système de projection. En outre Arnold savait déjà que, de l'écorce du gyrus fornicatus sortent des faisceaux qui traversent le corps calleux et s'adjoignent à la voûte. Ils passent même dans le septum pellucidum. Donc non seulement le gyrus uncinatus mais aussi d'autres circonvolutions envoient leurs faisceaux de projection par la voûte.
Pénètre-t-on (fig. 19) dans les circonvolutions de la surface convexe, on reconnaît aussi sous chaque sillon des vallées revêtues de fibres propres. En avant, les extrémités frontale et temporale de l'arc hémisphérique sont si rapprochées que les fibres arquées qui unissent ces deux lobes forment un arc à peine plus considérable que si elles unissaient deux circonvolutions ordinaires. C'est à cause de cette incurvation prononcée que ces fibres ont reçu le nom de fasciculiis uncinatus ou faisceau unciforme. Mais il s'ensuit aussitôt que les plus antérieures seulement de ces fibres, contiguës à la fosse de Sylvius, possèdent une courbure aussi forte; plus sont éloignés les domaines corticaux, en arrière de ces fibres antérieures et au-dessus de la fosse de Sylvius, plus aussi diminue l'incurvation.
Plus en arrière se trouvent, unissant l'écorce frontale à la circonvolution temporale supérieure, des faisceaux droits et plus loin encore ils forment même un arc légèrement courbé en sens inverse du faisceau unciforme. Ces faisceaux (sous la substance blanche de l'insula qui semble ne renfermer que des fibres propres) traversent l'avant-mur et forment le revêtement complet de la capsule externe qui tapisse la surface externe lisse du noyau lenticulaire (fig. 19 / unc-nl). Tandis que le faisceau unciforme et les fibres propres de la fosse de Sylvius sont placés dans la région du noyau extra-ventriculaire, ce noyau avec les fibres de la couronne rayonnante qui en dépendent est entouré du faisceau arqué fasciciUus arcuatus. Cette masse arquée paraît plus ou moins importante selon que la section est plus superficielle ou plus profonde. On ne peut lui contester une délimitation indépendante autour de la fosse de Sylvius.
C'est dans la région pariétale que le faisceau arqué est le plus puissant. En avant il passe dans les couches superficielles des
circonvolutions de l'opercule. Dans sa courbure vers le lobe temporal, ses couches superficielles se logent dans la circonvolution temporale supérieure, dans la scissure parallèle et dans la
FiG. 19.
En! I l ' ; i i i > \ ' ta i ' i i i 1 1 'ivexilé.
»«;, Noyau lenticulaire. /'tenc. Faisceau unciforme. /"arc. Faisceau arqué, cr, Couronne
rayonnante.
seconde circonvolution temporale. Les couches plus profondes du faisceau arqué s'étendent dans les circonvolutions de la convexité placée plus loin de son bord libre. La présence partout et la longueur des faisceaux arqués croissant vers l'intérieur, en forme de couches, prouve que les circonvolutions de la face médiane et celles de la convexité du cerveau antérieur se tiennent unies de tout côté mutuellement.
Les fibres arquées de chaque hémisphère unissent anatomiquement des circonvolutions distinctes séparées par des sillons et méritent le nom de fibres d'association. Elles sont l'expression de l'unité du cerveau antérieur auquel elles appartiennent de même que les fibres de projection sont l'expression de la diversité des organes et des surfaces du corps auxquelles elles se distribuent par les voies nerveuses.
Dans les deux hémisphères du cerveau antérieur, un système
général, des fibres propres symétriques existent dans le corps calleux et, du moins pour le cerveau de l'homme, dans la commissure antérieure pour la plus grande partie de ses fibres. Le système du corps calleux se différencie des fibres d'association en ceci qu'il réunit des lieux identiques des deux hémisphères et non des lieux différents d'un même hémisphère. Dans son parcours vers les circonvolutions il se mêle aux systèmes de projections et aux systèmes des fibres arquées. Le corps calleux forme la paroi antérieure et supérieure du cerveau antérieur (fig. 5 et 6) et ses fibres courent dans le lobe frontal et pariétal. Le splénium du corps calleux est formé de deux feuillets, en effet, dans la moitié postérieure de son long axe, la face inférieure du corps calleux s'abaisse, descend vers le bas. Le faisceau occipital, qui sort de la masse recourbée, ne se mêle pas au système de projection, mais court séparé et compact vers la pointe occipitale. Cette masse occipitale du corps calleux a, dans son trajet, une forme en U, comme tous les faisceaux calleux dans leur passage d'un hémisphère à l'autre. On compare cet P à une pince — forceps corporis callosi. Les deux feuillets dont se compose le splénium fléchissent dans leur trajet vers le lobe temporal, séparés par Tépendyme, dans la cavité de la corne postérieure et inférieure du ventricule. Ils forment la substance médullaire interne de ces cornes, de telle sorte que le feuillet inférieur tapisse la paroi médiane et le supérieur, la paroi externe du ventricule. Le feuillet externe — tapetum du corps calleux (Reil) — se trouve en partie derrière, en partie autour de la couche optique sur les fibres de projection (fig. 21). La corne postérieure est donc formée, d'en bas vers l'extérieur, par : 1" fécorce et sa substance médullaire, entre le lobe fiisiforme et le coin ; 2° les fibres du splénium ; 5° l'épendyme ; 4° le ventricule ; 5" l'épendyme ; 6" le tapetum ; 7° les fibres de projection.
Les parties latérales de la commissure antérieure reposent dans une demi-gouttière à la face inférieure du noyau lenticulaire et n'ont aucune connexion avec la capsule externe. Le noyau extra-ventriculaire, entouré du système de projection, est recouvert par la capsule externe, formée des fibres de la couronne rayonnante qui converge vers la base. A la périphérie, il est pos-
sible de les suivre dans l'anse du noyau lenticulaire ou anse du pied du pédoncule, après l'enlèvement de la commissure. En arrière et en bas, les rayons de la capsule externe sont recouverts par les expansions corticales de la commissure antérieure. Ce développement radié de la commissure a, évidemment, une direction et vers le lobe occipital et dans toute l'étendue du lobe temporal (fig. 20). La commissure antérieure ne réunit pas les
FiG. 20.
Enlèvement de l'écorce et de la substance médullaire à la convexité du cerveau,
Fr, Tp, Occ, Extrémités frontale et temporale, région occipitale. As, Faisceau d'association. P. Faisceaux de projection. L, Noyau lenticulaire recouvert de la capsule externe. ^, Amygdale. Ca, Commissure antérieure avec ses expansions occipitales et temporales. T^, T3, seconde et troisième circonvolutions temporales.
lobes pariétaux et frontaux (1). Par contre sa connexion avec le lobe olfactif sera exposée plus loin. La portion moyenne de la commissure et ses rapports avec la capsule externe, sont rendus évidents dans la figure 22. La portion moyenne, en forme de fer-à-cheval, est appuyée, en dessous des corps striés, sur la substance perforée antérieure.
Si on expose la structure du cerveau en partant de la face médiane, après l'éloignement aussi complet que possible du corps
(1) C'est le rôle du corps calleux.
calleux, jusqu'à l'apparition des faisceaux de projection, ceux-ci se montrent rayonnants vers la couche optique de tous les lobes hémisphériques, comme vers un foyer. Pour cette préparation, on doit enlever le gyrus fornicatus avant le corps calleux. Après l'arrachement de la circonvolution en crochet, on voit, à deux centimètres à peu près en arrière de la pointe du lobe temporal, le noyau amygdalien. Malgré sa participation à la courbure de la circonvolution en crochet, il n'a pas de rapports avec la corne d'Ammon, mais il forme vers elle, par sa face postérieure (fig. 21, A), la paroi antérieure de la corne inférieure, recouverte de l'épendyme.
Fig. 21.
Face médiane après arrachement de l'écorceet de sa substance blanche. Fr, Tp, Extrémités frontale et temporale. Occ, Région occipitale, en avant faisceaux occipito-thalamiques. ne. Restes du noyau caudé enlevé. Th, Couche optique, p. Faisceaux de projection, fo, Fasciculi fronto-caudalo-thalamici. Z, Stratum zonale'de la couche optique, c. Commissure antérieure, ap. Anse pédonculaire. L, Tubercules quadrijumeaux. S, Aqueduc de Sylvius. Q, Faisceau longitudinal postérieur. Tg, Calotte. r, Fasciculi temporo-thalamici. P, Pied du pédoncule, r. Fibres droites médianes du pédoncule. A, Amygdale, o, Faisceaux frontaux sous-ependymaires.
La continuité et la régularité des fibres de projection (abstrac-
tion faite des fibres arquées, attachées à l'écorce) (fig. 21), est détruite par les gouttières, les fosses, les déchirures des fibres qui proviennent de l'entrelacement, des expansions du corps calleux avec le système des fibres rayonnantes. L'irradiation de ces fibres, vers la couche optique, est très variée. Pour la saisir, on doit enlever le noyau caudé et le corps bordant.
La queue du noyau caudé va jusqu'au noyau amygdalien. Les fibres de la lame cornée (corps bordant), avant leur entrée dans le noyau caudé, traversent le noyau amygdalien. Les fibres radiées de l'écorce vers la couche . optique, alternent avec des ligues grises transversales, parce que les connexions entre le noyau caudé et le noyau lenticulaire traversent la capsule interne, qui séparent les deux ganglions (comparez fig. 2 et 27). Ces anastomoses grises, entre les deux ganglions, donnent un aspect de crête à la couronne rayonnante [Reiï).
Sur la loge vide du corps strié passent les fibres de projection vers le stratum zonale, l'enveloppe de la couche optique (fig. 21 z). Les fibres radiées les plus antérieures, originaires du lobe frontal, sont masquées à leur entrée dans la couche optique. C'est que une partie de l'enveloppe arrive, par l'anse pédonculaire, à la base du pédoncule, du lobe temporal vers l'extrémité antérieure du thalamus. Les iibres rayonnantes du lobe frontal ne viennent pas directement vers la couche optique, du moins les superficielles; avant d'y pénétrer elles s'infléchissent plusieurs fois soit autour du corps strié (fig. 21, n c), soit sur son bord externe (fig. 21, o). Le corps strié, en tant que paroi inférieure de la corne antérieure, siège sous la face inférieure du corps calleux et non, comme chez le singe (fig. 6), à la paroi antérieure de la corne. En dehors du noyau caudé, comme en rapport avec sa loge, se trouve la paroi externe de la corne antérieure. La paroi — après enlèvement de répendyme — se compose de faisceaux longitudinaux qui viennent du lobe frontal et courant en dehors du noyau caudé, pénètrent, au moins en partie, dans l'enveloppe de la couche optique, vers la partie moyenne. On voit donc que les fibres du système de projection du lobe frontal, possèdent des liaisons avec des parties très éloignées, par exemple, la couche optique. En arrière de ces
faisceaux, des faisceaux puissants et radiés pénètrent dans les couchés profondes du thalamus et méritent surtout la dénomination de couronne rayonnante. Vienssens nommait l'ensemble des fibres entourant la couche optique. Grand soleil rayonnant. On voit cependant que leur trajet radié n'est pas si simple. De la partie antérieure du lobe temporal , à l'extérieur du noyau amygdalien, des fibres radiées arrivent à la circonférence postérieure de la couche optique et y forment une enveloppe (fibres temporales droites). De même aussi du lobe occipital arrivent vers la couche optique, des fibres qui, après un trajet rectiligne, recourbées sous l'enveloppe postérieure décrite, se perdent dans des parties plus profondes du thalamus. Ces faisceaux forment, en dehors du Tapetiun, une lame médullaire dirigée vers la couche optique, qui est parallèle dans toute sa longueur, à la face occipito-temporale. La largeur de cette lame parait correspondre au lobe fusiforme. Pour autant que les fibres de cette lame prennent leur origine dans la circonvolution fusiforme et la 5'"'' temporale, elles ne courent pas en rayonnant vers le thalamus, mais parallèlement à l'écorce dont elles proviennent, vers l'extrémité du lobe temporal. Mais derrière le noyau amygdalien dont approchent très près les plus inférieures de ces fibres, elles se recourbent en paraboles ouvertes en avant et pénètrent dans la couche optique, sous son enveloppe.
Par de consciencieuses reclierches j'ai prouvé qu'il est impossible que ces arcades fussent le résultat de l'entrelacement des fibres de projection avec- celles du tapetum. A l'aspect on croirait qu'au sommet de chaque fibre de projection et avant son entrée dans le thalamus, un faisceau temporal s'unit à un faisceau occipital.
Gratiolet a décrit, chez le singe, cette lame médullaire et a donné à ses fibres le nom de faisceaux optiques.
Il supposait qu'ils viennent immédiatement du tractus optique dont les fibres n'y suffiraient certainement pas. Il croyait aussi qu'ils s'étendaient sur une grande hauteur, jusque dans l'écorce du lobe pariétal.
La lame médullaire en question mérite le nom de lame des faisceaux optiques, au point de vue anatomique, car toutes ces
fibres (fig. 5 om) se dirigent dans les masses de terminaison de labandelette optique (tubercules quadrijumeaux, corps genouillés). Des couches superficielles postérieures de la couche optique dans lesquelles, d'après Aimold, se perdent les fibres temporo-thalamiques (T), sont peut-être aussi la partie de l'enveloppe du pulvinar, unie à la bandelette optique.
Il nous suffit, pour notre but, d'avoir montré par cette description de quelques masses, le nombre et la richesse des fibres du système de projection à l'intérieur des hémisphères. On peut étudier aussi bien dans les préparations de la face convexe, ce système de projection et le feuillet le plus externe, dans ce mode de préparation, forme apparemment les fibres rayonnantes pour le noyau lenticulaire et pour sa capsule externe (fig. 19 et 20).
De même l'étude de la structure continuée, de même façon, sur la tige cérébrale, fournit des notions importantes, nombreuses (fifij. 22). Il nous suffira de décrire les couches développées à partir de la base sur une tige cérébrale méthodiquement dénudée, tige qui, en dehors, commence aux parties recouvertes de l'écorce de l'insula, dans le lobe de l'insula (Lobus caudicis) (Burdacli).
La moitié droite de la fig. 22 montre les couches superficielles de la base à partir de la capsule externe du noyau extra-ventriculaire. En revanche on a éloigné les cerveaux moyens et intermédiaires pour autant qu'ils recouvraient soit la base soit la face postérieure du pédoncule (fig. 15 et 17), par le pulvinar, les corps genouillés et la bandelette optique. La figure ainsi obtenue, permet de reprendre notre description aux couches temporales et occipitales énumérées plus haut.
La capsule externe recouvre le noyau lenticulaire de ses fibres rayonnnantes dont le foyer reste caché par la commissure antérieure. Ces fibres courent dans l'anse du noyau lenticulaire. De cette formation complexe (voir fig. 8 et 21) retenons seulement que leurs couches passent transversalement sur le pied du pédoncule. Leur slratum le plus profond (fig. 25 ans) forme une partie du pied du pédoncule (anse du noyau lenticulaire). Les faisceaux les plus externes du pied du pédoncule et surtout
les postérieurs (fig. 17 Pd) se forment d'une lame en éventail originaire du lobe temporal et occipital (Tm). A ceux-ci sont contiguës les fibres rayonnantes pour le pulvinar et les tubercules quadrijumeaux qui formaient la septième couche dans la structure (voir plus haut) du lobe occipito-temporal. Les rayons pédonculaires forment donc la huitième couche et les rayons occipito-temporaux de la commissure antérieure la neuvième (fig. 20 et 22 ca), (Pour le lobe temporal on devrait ajouter une dixième couche formée encore par l'anse pédonculaire.)
Par l'enlèvement des couches les plus superficielles transversales du pont, le trajet de ces faisceaux longitudinaux antérieurs paraît être le papsage du pied du pédoncule dans la pyramide de la moelle allongée.
Si dans la flg. 22 (entre P el 0), le faisceau le plus antérieur du pédoncule parait correspondre à l'olive par son extrémité inférieure rétrécie, c'est là une des nombreuses variations que présentent dans les divers troncs du cerveau, le trajet des faisceaux. Le plus vraisemblablement, ce faisceau séparé, se joint avec les autres, à la pyramide.
Le trajet de la voie pyramidale se divise en trois portions : l'Dans le pied du pédoncule; 2° Dans les faisceaux longitudinaux antérieurs du pont; 5" Dans les fibres entrecroisées de la pyramide, vers le cordon latéral, du côté opposé. La voie pyramidale dont l'importance dans le pont est indiquée par le nombre énorme des faisceaux profonds, forme certainement dans son trajet dans la protubérance, plus des deux tiers de l'aire sur une coupe transversale. La partie des faisceaux perdus sert à former le pont en se recourbant en fibres transversales; la fine structure anatomique du pont ne peut être rendue par des préparations macroscopiques. La coupe médiane, ovale, des fibres transversales profondes du pont, paraît être exclusivement composée d'une commissure entre les feuillets médullaires de l'écorce du cervelet qui se réunissent pour former les pédoncules cérébelleux moyens (fig. 22, f. p.)
Les fibres des pédoncules moyens siègent dans le cervelet, en une strati-
fication serrée, et on voit aisément leur sortie des jiervures ramifiées de l'arbre de vie, de même que les déchirures des feuillets délicats de fibres i^ropres de la substance médullaire du cervelet.
FiG. 22.
Préparation par arrachanent du tronc cérébral et du cervelet, ;base). ca. Commissure antérieure. Ne, Noyau caudé. cor,rad. Couronne rayonnante, caps. ext. Capsule externe du noyau lenticulaire. //, Chiasma. J, Infundibulum. m, Corps mamillaire. ///, Nerfoculo-moteur. Pd, Pied du pédoncule. Tm, Ses expansions temporales. P, Pyramide. O, Olive. Fl, Floculus. Entre O et Fl, corps rectiforme. V, VII, VIII, 5rae paire, facial, acoustique. X, Décussation des pyramides. R, R, A gauche, corps restifoi'raeet ses feuillets dans le cervelet, caps. int. Capsule interne. Th, Couche optique. ge. Corps genouillé externe, fp. Faisceaux du pont dans le cervelet. Tg, Etage supérieur. Pr, pédoncules cérébelleux supérieur. L, Lemniscus.
Avant Téloignement du pied du pédoncule, il faut encore détacher l'anse du noyau lenticulaire (fig. 25, ans.), qui sort du noyau lenticulaire et se mêle aux faisceaux les plus internes du pédoncule.
En éloignant les autres faisceaux du pédoncule, vers en haut disparaissent et le noyau lenticulaire et cette partie considérable de la capsule interne qui, en partie, descend de l'écorce dans le pied du pédoncule. Alors, en arrière, reste encore une couche
SURFACE DU CERVEAU. 5o
corticale de la capsule interne, comme un éventail de fibres entrelacées avec d'autres couches, éventail qui ne s'étend pas sur toute la largeur de la couronne rayonnante (fig. 22, depuis caps. int. jusque Tg, — ici cette couche s'étend trop loin vers l'extérieur).
Là, où ces faisceaux de la capsule interne courent, au même niveau que le pied du pédoncule, de l'autre côté (de la figure), ils sont séparés par la substance noire de Sommering (locus niger — substantia nigra), avec laquelle ils sont comme soudés derrière les couches superficielles, à une couche très compacte du pédoncule (fig. 22, Tg). Là, où cette couche fasciculée de la substance de Sommering, que j'appelle Stratiim intermediiim pedonculi, recouvre la calotte, elle est rendue convexe par les noyaux rouges sous-jacents. Dans son trajet ultérieur la couche intermédiaire montre une forme concave, près de la masse fasciculée biconvexe du pont et semble dans la moelle allongée, siéger derrière les pyramides, dans le cordon antérieur, à l'intérieur des olives. En dedans de la 5'"^ paire, cette couche intermédiaire du pédoncule s'accompagne encore d'un faisceau en éventail à grande largeur antérieure, puis rétréci, qui, séparé dans le pédoncule, siège à l'extérieur de la couche et se tourne de la face postérieure du tronc en avant, comme le ruban de Reil, sur le pédoncule cérébelleux (fig. 22, L Pr). Il vient du tubercule quadrijumeau (fig. 17). îl existe, à coup sûr, une dépendance des faisceaux provenant du ruban, avec l'olive (hurdacfi-Arnold). Le cervelet est-il dégarni (22, R, à gauche) de toutes les fibres des pédoncules, on voit s'avancer dans le cervelet un stratum qui se réunit vis-à-vis de la moelle allongée, aux fibres du corps restiforme.
Si les pédoncules moyens formaient une masse régulièrement stratifiée, le corps restiforme (pédoncule cérébelleux inférieur) présente un feuillet médullaire peu épais, qui recouvre un corps convexe que trahit la circonférence de ce pédoncule, c'est le noyau dentelé du cervelet (corps rhomboïdal, olive cérébelleuse (fig. 22 et 25, à gauche R', à droite Nd).
En enlevant, juste au niveau des tubercules quadrijumeaux (fig. 25 Pd, St), le pied du pédoncule et tous les faisceaux
longitudinaux de la couche intermédiaire avec la substance de Sommering, parties qui, sur une surface de section, représentent
FiG, 23.
Préparation profonde de la tige et du cervelet (base). Ne, Noyau caudé. II, Chiasma. J, Infundibulum. m, Corps raamillaire. P, Lame perforée postérieure, ans. Anse pédonculaire. (Pd), caps i, Faisceaux occipitaux du pied du pédoncule. St, Couche médullaire recouverte par la substance de Sommering. N, R, Noyau rouge de la calotte. Entrecroisement des pédoncules cérébelleux, commissure en fer à cheval de Wernekinck. L, Couches médullaires. /, Calotte. Fr, Fibres droites du pont. Gi, Corps genouillé interne. Ge, Corps genouillé externe. Th, Pulvinar. Pr, Pédoncules cérébelleux supérieurs. N, Noyau dentelé du cervelet. R, Corps restiforme. Cbl, Cervelet. Fl, Flocculus. F, 5^6 paire. VIII, acoustique. 0, Olive unie profondément à un faisceau profond de la partie postérieure de la calotte, fa. Faisceau antérieur, fl, Faisceau latéral.
deux demi-lunes concentriques, on aperçoit le noyau rouge de la calotte, ganglion de pédoncule supérieur. Niicléits riiber (fig. 25, NR).
Cette formation profonde, des deux moitiés de la calotte, paraît traversée comme par un pont, par une commissure commune en fer-à-cheval (Wernekinck). StilUng démontra que cette commissure est l'entre-croisement des pédoncules cérébelleux supérieurs, qui viennent des noyaux rouges. Si la surface de ces noyaux paraît unie, c'est à cause de la densité de ses couches
(fig. 25, à gauche). Vers le haut et en dehors, le noyau rouge s'amincit progressivement en une lame qui, par un bord, s'unit à la couche de la couronne rayonnante qui passe d'abord sous le thalamus (fig 25, à droite caps. int.). Ainsi donc, le noyau rouge (considéré comme un ganglion) forme une surface tordue, comme un coquillage épaissi en bas et en dedans. A la base, sur le noyau rouge, on voit courir une couche de fibres compacte, en spirale. Peut-être forment-elles, à la face inférieure du noyau rouge, un passage de la capsule interne à la face postérieure du pédoncule cérébelleux supérieur (fig. 25, à droite).
Déjà avant l'irradiation de la capsule interne dans le noyau rouge, on arrive sur des couches de celle-là, qui s'avancent comme une masse ganglionnaire au-dessus delà substance noire : Ganglion de la capsule interne, discus lenti formis (décrit très exactement par Forel). Sa structure lamellaire est traversée verticalement aux fibres de la capsule, par des couches blanches transversales. Après l'ablation de la substance noire, le noyau rouge est entouré en haut et en dehors par cette formation proéminente. Stilling admet l'union de ce ganglion avec la bandelette optique. Ce ganglion lenticulaire est représenté dans les figures 55 et 56 sur des coupes longitudinales, et dans la figure 54 sur une coupe transversale du cerveau de l'homme.
Après avoir enlevé le ruban des pédoncules cérébelleux supérieurs, et les couches du pont qui le recouvrent à la base, pour voir complètement le trajet des processus cerebelli (ad cerebrum), on doit encore écarter le pédoncule cérébelleux inférieur et l'épendyme de la face antérieure du cervelet. Le pédoncule supérieur partant du noyau rouge opposé (fig. 25 NR, à gauche), traverse le siège proéminent de la décussation (fig. 25, X), court au côté opposé derrière l'origine de la 5" paire (fig. 25, à droite, V) vers le cervelet, pour pénétrer dans un noyau dentelé entaillé comme une noix (fig. 25, Nd). Donc le noyau dentelé du cervelet est uni par des lamelles blanches à fécorce de celui-ci et fait passer la masse d'association croisée du pédoncule supérieur de fécorce cérébrale à fécorce de f hémisphère cérébelleux opposé.
La structure du tronc cérébral dans le trajet des pédoncules vers la moelle montre donc : 1° fanse du noyau lenticulaire;
2° la voie pyramidale, déjà étudiée ; 5° le stratiim intermedium et la substance de Sommering. Les faisceaux de celle-ci siègent dans le pied du pédoncule, en arrière, jusqu'au niveau de pont. Sa partie antérieure se compose de fibres qui traversent uniquement la substance noire et, fait surtout important, — toute cette couche n'a pas de connexion avec la masse d'origine de la calotte. Elle sort du cerveau antérieur, tandis que les faisceaux de la calotte prennent leur origine ou dans le cerveau moyen, ou dans le cerveau intermédiaire.
A l'intérieur du pont, le stratum fibrillaire de la substance de Sommering se place dans les voies postérieures du tronc, elle ne prend pas part à la décussation des pyramides dans la moelle allongée. Sans faire mention de son rapport avec la couche de Sommering, Stilling avait déjà décrit le passage d'une couche postérieure du pied dans la partie postérieure du pont. Pour Burdach et Clarke, une partie des masses pyramidales se joint, dans la moelle allongée, aux cordons antérieurs. Ce ne peut être que les faisceaux de la couche intermédiaire, siégeant ici immédiatement à côté des pyramides ; comme en haut, elles appartiennent au pied du pédoncule. En arrière, la pyramide confine au cordon antérieur qui a, généralement, avec cette portion des faisceaux pyramidaux, un trajet direct; aussi la préparation montre la continuité de la couche la plus postérieure des pyramides avec le cordon antérieur. Comme la dénomination de cette voie, employée plus haut, ne s'applique qu'à la portion allant du cerveau moyen au pédoncule, je pourrais, à cette partie de la voie pyramidale, qui a pour caractère de n'être unie ni complètement au cordon antérieur, ni complètement à la voie postérieure du tronc, donner le nom de couche intermédiaire du tronc (stratum intermedium caudicis).
Evidemment, aussi longtemps que le sillon médian antérieur est situé entre les pyramides, cordons antérieurs de la tige cérébrale, le stratum intermedium s'étale derrière les pyramides. Mais, sous les pyramides, le sillon antérieur est formé par le cordon antérieur de la moelle. Ces cordons antérieurs, poussés vers la ligne médiane par l'entrecroisement des pyramides, rapprochent leur face antérieure en un angle ouvert en avant et se tou-
client par leur face médiane, le long du sillon médian antérieur. Donc, les notions d'anatomie nous apprennent que la couche intermédiaire se place dans la moelle, à la partie interne des cordons antérieurs. Turck et Flechsig sont arrivés aux mêmes conclusions, par leurs recherches pathologiques et génétiques; 4" après l'éloignement du stratum intermedium, se présente la calotte. Leur couche antérieure appartient au ruban deReil,qui, avec les origines optiques, constitue le pédoncule cérébelleux derrière lequel les faisceaux longitudinaux les plus profonds de la calotte descendent aiix cordons antéro-latéraux du bulbe et de la moelle. L'un des faisceaux (fig. 25, à droite) représente réellement un cordon olivaire. Dans cette structure complexe de la portion postérieure du tronc, la division des faisceaux nous donne une image incomplète, mais non artificielle.