I. Molière, Femmes savantes, III, ii
l'éducation de l'esprit
ments d*acçord, elle se soucie peu des contradictions. Certes riiomme passionne est, lui aussi, illogique; mais il tâche <le mettre en apparence la logique de son côté. Alceste, pour «e justifier d'aimer une coquette se dit que s'il aime Gélimène, c'est pour l'amener à la vertu. La femme passionnée n'a pas de ces scrupules, elle ne se donne même pas la peine d'être sophiste. Hermione veut cesser d'aimer Pyrrhus, qui ne l'aime pas; elle déclare qu'elle le hait; •Oreste lui répond que Pyrrhus, en tous cas, n'a pas d'amour pour elle et Hermione de s'écrier oubliant ses propres paroles :
Qui vous l'a dit, seigneur, qu'il me méprise * ?
Ce type féminin est bien différent du précédent, mais ils ont un trait commun : l'horreur de Vabstrait. L'idée de justice par exemple manque à l'un et à l'autre. Littré a remarqué ce qu'il y a d'abstrait dans cette notion : c'est l'idée d'équivalence mathématique transportée dans la pratique. Celte idée est très peu féminine. A l'abstraite justice la femme substitue les élans du cœur; une mère de famille ne conçoit pas que l'examinateur ne doive tenir <:ompte que de la copie de son fils. La femme n'a pas le respect de la loi. Il est malaisé de lui faire comprendre qu'il faut faire une déclaration à la douane ou à l'octroi. A vrai -dire, bien des hommes sont femmes sur ce point; mais beaucoup aussi sont fiers de se soumettre à la règle, justement parce que c'est une règle abstraite. L'idée de patrie est encore trop peu concrète. « Les guerres maudites par les mères », dit Horace. La vertu civique n'est guère féminine; souhaitons qu'elle le devienne quand les femmes voteront. L'héroïsme civique risque de perdre ceux qu'elles aiment, les irrite, les exaspère; comme Emilie ouJCamille ce sont d* « aimables furies ».
Ce type présente plus de continuité et plus de profon-