LA VOLONTÉ
l'éducation de la volonté
La volonté.
Limitations de la volonté. — Le tempérament, l'habitude, la suggestion sociale. - Maladies de la volonté, limitation de la volonté par l'esprit, défaillances de la volonté.
Puissance de la volonté. — I^es habitudes de la volonté. — Part de l'imitation et de Tinvcntion dans la formation du caractère : Les diverses attitudes de la volonté à l'égard de la nature, volonté tendue, volonté spasmodique, volonté adaptée. — Education de la volonté.
Dans ses rapports avec choses et gens, dans ses jeux qui sont ses affaires sérieuses, ïenfant conquiert, par limitation et Vinvention, des activités de plus en plus étendues, et devient une personnalité capable de s*imposer une loi et d* exercer à son tour un ascendant autour d*elle. Uéducation ne doit donc pas être conque comme un dressage, mais comme l'art de faciliter et d'orienter la libre conquête de soi.
Les obstacles sont les impulsions, les mauvaises habitudes, la faiblesse de V attention, le défaut ou V excès de réflexion, le défaut ou V excès de confiance en soi, la vivacité exagérée des craintes et des désirs. On en triomphe en se donnant volontairement certains goûts et certaines habitudes.
28o l'éducation de la volonté
Avoir du caractère, ce nest pas avoir une volonté toujours tendue ou à faiblesses et violences intermittentes, cest s'être assez exercé et éprouvé pour pouvoir être sûr de soi, même dans le demi-abandon de la vie courante.
Nous avons distingué le vouloir d'une part du sentiment et du désir, d'autre part de la pensée *. Désirer, c'est être porté vers un objet par un mouvement irréfléchi. Le désir est comme une force naturelle ; ma pensée peut en constater en moi la présence, mais alors même que je ne l'aperçois pas et ne la mesure pas, la tendance a tout autant de réalité et de puissance. Le désir comme tel n'est accompagné que d'une pensée implicite, c'est-à-dire de la conception de l'objet désiré sans la conception d'une erreur ou même d'une autre chose comme possible. Au contraire pour qu'il y ait vouloir proprement dit, il faut que la pensée soit réfléchie, c'est-à-dire accompagnée de la pensée d'un au delà possible à la conception actuelle, ou d'une opposition possible à cette conception. La volonté c'est la pensée réfléchie eflîcace, déterminant le sentiment, l'action.
On peut vouloir modifier ses sentiments, ses actes pour eux-mêmes, ainsi font les hommes d'action. On peut vouloir les modifier pour penser. Certains hommes d'action sont des esprits paresseux : audacieux dans la vie, ils sont timides dans la spéculation. Inversement les spéculatifs qu'on croit incapables de vouloir et d'agir sont parfois des hommes d'action dans le domaine de la pensée, des hardis et des courageux dans l'ordre intellectuel. Quand la volonté s'applique trop exclusivement à l'esprit, elle est détournée d'agir : s'il ne lui reste plus d'énergies à déployer dans la vie, c'est parce qu'elle les a employées à penser. « Car c'est véritablement donner des batailles que détacher à vaincre toutes les diflicultés et les erreurs qui nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité ; et c'est