I. Voir chap. ii
l'imitation de la volo>'té 281
ea perdre une, que de recevoir quelque fausse opinion, touchant une matière un peu générale et importante* ».
Il faut connaître exactement la puissance et l'impuissance du vouloir.
Celle-ci a pour cause soit la force de la nature qui le domine (organisme, sentiments, habitudes), soit certaines dispositions de rintelligencc, soit les défaillances du vouloir lui-même.
Dans la production d'un acte, deux facteurs entrent d'abord en jeu: i** les circonstances, qui ne nous proposent qu'un nombre restreint d'alternatives ; 2° notre propre caractère, nos dispositions innées et acquises, nos habitudes qui nous inclinent à ne tenir compte que d'un nombre plus restreint encore parmi les alternatives proposées. Lorsque nous prenons une décision, nous sommes influencés et par les circonstances extérieures et par notre caractère ;. or ni les circonstances ni notre caractère ne semblent dépendre de nous. Je n'ai pas choisi l'événement qui exige de moi une détermination volontaire ; je n'ai pas choisi non plus mon tempérament héréditaire, mes sentiments, mon intelligence, l'expérience qui les ont plus ou moins transformés et amenés à être ce qu'ils sont. Ma décision dépend de ces facteurs qui ne sont pas mon œuvre.
Parmi ces circonstances dont je ne suis pas maître, l'éducation est une des plus importantes. L'éducation est une perpétuelle suggestion. Les éducateurs savent bien jusqu'à quel point on peut pétri ru ne intelligence. Voici un homme cultivé et sincère. Il a clairement conscience de lui-même, de s'être fait ce qu'il est, d'avoir acquis ses opinions par un libre effort de sa raison sur les données de son expérience. Pourtant cet homme n'est-il pas dupe ? Autour (Je lui des parents, des maîtres veillaient, choisissaient ses